Vivre l'insalubrité

Publié le par Fabien Ruet

Vivre l'insalubrité

 

Je voudrai partager aujourd’hui quelques réflexions sur la perception que nous pouvons nous faire de l’insalubrité. Ces réflexions sont le produit des échanges que nous avons aussi bien avec nos partenaires institutionnels dans le cadre de la mise œuvre de notre Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat que des différentes visites que nous effectuons auprès de nos administrés. Entre la définition normative et la perception que s’en font les habitants, des divergences importantes existent. Elles dessinent comme une fine ligne de crête sur laquelle s’installe notre politique publique de lutte contre l’insalubrité.

 

Partons de la définition, si vous le voulez bien. Nous avons l’habitude de considérer un logement comme insalubre lorsqu’il présente, par lui-même ou par ses conditions d’occupation, un danger pour la santé de ses occupants et du voisinage. Le droit à un logement décent est une priorité de notre action politique municipale. Dès lors que nous entendons lutter contre l’insalubrité, nous nous retrouvons confrontés à une typologie de comportements qui peuvent parfois traduire quelques écarts de perception dans l’auto-appréhension de la dite insalubrité. Je me contente de cette approche pour aujourd’hui tant il y aurait beaucoup à dire sur les marchands de sommeil ou les propriétaires bailleurs désargentés.

 

De l'insalubrité subie. Pour un grand nombre de locataires, l’insalubrité est un phénomène largement subi. La peur de se retrouver à la rue l’emporte souvent sur toute autre considération d’ordre juridique. Cette insalubrité subie implique alors un important travail de pédagogie pour faire évoluer la situation et conduire à une prise de conscience. Bien souvent, les marchands de sommeil savent se jouer de ce type de comportement pour maintenir leurs locataires en place. L’insalubrité subie peut également se retrouver chez les propriétaires occupants. Dans ce cas, l’absence prolongée d’entretien est le fruit d’un manque de ressources pour entretenir la propriété. Là encore, un dialogue de longue durée doit se mettre en place pour convaincre l’intéressé de pouvoir bénéficier des différents dispositifs qui existent pour l’amélioration des logements et/ou accepter une évolution de son hébergement. Il faut alors lutter contre les résistances psychologiques à abandonner son statut de propriétaire souvent perçu comme plus prestigieux que celui de locataire.

 

L’insalubrité ignorée est, sans doute, le comportement le plus difficile à appréhender du point de vue de la puissance publique. Nous parlerons d’insalubrité ignorée en ayant à l’esprit les travaux de la sociologie du risque, avec la notion de risque assumé. Je suis ici confronté à une personne qui s’accommode de la situation de danger dans laquelle elle vit. C’est, dans le « meilleur des cas », la posture du fumeur qui assume son risque de cancer du poumon. Ici, le locataire s’excuse presque de vivre dans de telles conditions et serait prêt à participer aux travaux s’il en avait les moyens. Je vous assure que ce type de comportements existe. Dans le pire des cas, et souvent dans celui de propriétaires occupants, la notion d’insalubrité ne vient même pas à l’esprit parce que l’isolement et les habitudes de vies sont trop prégnants pour envisager une prise de conscience. Le rapport à la norme se fait alors synonyme de désagrément administratif. La puissance publique est alors perçue comme une remise en cause de la liberté individuelle. La coercition est parfois nécessaire dès lors que la définition de l’insalubrité est également liée à la notion de danger pour le voisinage.

 

L'insalubrité provoquée. Et puis ne soyons pas naïfs, il existe également de l’insalubrité provoquée. C’est le cauchemar des propriétaires, aussi bien publics que privés. Il s’agit du locataire indélicat qui par son mode de vie entraine une dégradation telle de son logement qu’il finira par se mettre lui-même en danger. Ce type de comportement relève aussi de pathologies sérieuses du type du syndrome de Diogène par exemple. Dans ces cas de figure, bien des médiations sont nécessaires et nous éloignent des strictes politiques d’urbanisme ou de logements.


J’ai voulu ce blog-notes comme un lieu d’expression et d’échanges. Il est parfois nécessaire de prendre un peu de temps pour la réflexion. A travers cette esquisse de typologie qui ne se veut absolument pas scientifique, j’avais juste envie de vous faire partager cette bien modeste expérience de l’action publique, fruit d’une observation au quotidien.

Publié dans Logement

Commenter cet article

Bournet monique 08/09/2013 21:15

Je suis surprise de voire que vous vous intéresse à l insalubrité car effectivement il i en à hélas mais j ai emmener dernièrement ma petite fille à la salle durolleurs es user moi tout en sachant que les merdes de pigeons il ni à pas plus dégueulasse et qu il i à beaucoup de microbe je pense que je vous ne l apprend pas alors faire balayer 1fois par semaine comme ça on a sa confiance pour soi mais je vois que sur les autres sports il i à beaucoup de personnel plus gardiens ici aorolleurs ce sont des enfants qui i sont et vous parler d hygiène cela se voit que vos enfants ne sont pas concerner mais il faut aussi parler d argents car hélas je vois pas mal de choses et il faut dire aussi que la caf ne l es aident plus beaucoup sans compter que les propriétaires demande des caution aires qu il non pas avez vous des solutions j aimerai les voires