Les patrimoines de Bergerac ne manquent pas

Publié le par Fabien Ruet

Les patrimoines de Bergerac ne manquent pas

Notre blog est parfois l'occasion de pouvoir réagir à l'actualité locale. Ainsi la semaine dernière, un article consacré au classement futur du temple protestant, place Caylat, ne pouvait pas manquer de me faire réagir. La première phrase notamment mérite d'être explicitée. Je vous la livre. Pour être le plus objectif possible, et sans aucun souci de polémique, vous trouverez en lien à la fin de ce billet, la possibilité de lire l'article de presse en totalité. Revenons donc à l'idée générale de ce dernier et à sa première phrase : "Les participants aux dernières Journées du patrimoine auront forcément relevé le paradoxe. Sous ses dehors touristiques, la ville de Bergerac est de celles qui, en Dordogne, comptent le nombre de bâtiments inscrits ou classés au titre des monuments historiques le plus limité." Cette remarque, frappée du bon sens, était au coeur de mon intervention, à l'occasion des journées européennes du patrimoine, lors d'une conférence gratuite, dimanche après-midi, à partir de 16 h, consacrée au centenaire de la loi de 1913, loi de classement des monuments historiques. Ce paradoxe n'est qu'apparence puisqu'en réalité Bergerac dispose d'un panel bien plus complet de mesures de protection des patrimoines, nuance au pluriel très importante.

 

Les édifices et autres éléments de patrimoine protégés au titre de la loi du 31 décembre 1913, sont au nombre de 10. L'église Notre Dame (1) est classée en totalité au titre des Monuments Historiques par arrêté d 17 octobre 2002, tout comme l'orgue de l'Eglise Saint Jacques, depuis 1993 (2). Précisons que ce dernier bénéficie ainsi d'un degré de protection plus important que l'église qui l'héberge. Viennent ensuite la liste des édifices inscrits à l'inventaire supplémentaire. Cette dernière commence en 1947 avec la Maison Peyrarède (3), l'actuel Musée du Tabac. L'année suivante, c'est au tour de l'ancien cloître des Récollets (4) qui y fait son entrée pour sa galerie Renaissance. Vient ensuite, toujours, en 1948, la maison dite de la Vieille Auberge, rue des Fontaines (5). Le Château de Mounet Sully (6) a été inscrit par arrêté du 29 octobre 1975 pour ses élévations et ses toitures. La Petite Mission (7) a été inscrite par arrêté, le 21 décembre 1984, également pour ses éléments d'élévations et ses toitures. Le mois suivant, c'est au tour de l'Eglise Saint Jacques (8) de bénéficier d'un arrêté d'inscription à l'inventaire. Le Château de Lespinassat (9) a rejoint cette liste en 1989, pour sa terrasse, son fossé, son pont, son pavillon et sa toiture. Le 27 mars 2008, la Maison Pic (10) en totalité bénéficiait d'une inscription par arrêté. Cette dernière nomination ouvre la voie à des possibles sur le patrimoine contemporain. A ce titre, l'immeuble de la sécurité sociale comme la façade de l'ancienne CCI pourraient faire l'objet de démarches similaires comme nous souhaitons le faire dans le cadre du label Ville d'Art et d'histoire.

 

Reste que la protection du patrimoine à Bergerac ne se limite pas à la seule loi de 1913. Nous devons évoquer les sites inscrits au titre de la loi de 1930. Le domaine et le Château de la Catte, site d'intérêt pittoresque a été inscrit par arrêté du 10 avril 1979. Les quartiers anciens de Bergerac ont également été inscrits par arrêté du 2 août 1975 avec un périmètre de protection qui comprend des édifices de grande qualité architecturale et englobe un périmètre qui correspond peu ou prou à celui du vieux Bergerac. La liste des monuments protégés est donc bien plus grande que celle prévue par la seule liste de la loi de 1913. Ajoutons également la ZPPAUP de Bergerac qui a permis d'intégrer la ville historique dans sa totalité, la rivière et les traces de l'activité portuaire, la couronne urbaine et les extensions de la ville historique, les anciens quartiers artisanaux du Centre-ville, la cité Jean moulin en totalité et les espaces naturels et les grands domaines (comme celui de la Mouline). La future Aire de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine (AVAP) intègrera la coulée verte du Caudeau et des éléments d'architecture contemporaine parce que le patrimoine évolue dans le temps. Avec le Plan Local d'Urbanisme des espaces boisés ou des spécimens végétaux remarquables ont également été classés. Bergerac bénéficie donc d'une liste impressionnante de mesures de protection du patrimoine. Enfin rappelonsq que depuis 5 ans, nous nous sommes engagés dans une politique active de dévoilement de patrimoine : le kiosque au jardin Perdoux, la culée de l'ancien pont, la fontaine Fonsivade, l'ensemble de la rue des fontaines (turbine, facade pignon du 15ème, vestiges du moulin des 5 cannelles) et demain les vestiges du Moulin de Pile. 

 

A ma connaissance, aucune autre ville en Dordogne n'a poussé aussi loin les mesures de protection et de valorisation des patrimoines, entendus comme une diversité. Et que dire encore du projet de charte architecturale paysagère et chromatique. Autant d'atouts qui ont déjà retenu l'attention du Ministère de la Culture, lors de sa visite pour la candidature au label ville d'art et d'histoire, en avril dernier. Autant d'éléments que nous irons défendre à Paris pour son obtention en novembre prochain. 

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Commenter cet article

Odilon 23/09/2013 15:54

Il était nécessaire de faire cette piqure de rappel sur les sites et monuments protégés de la ville car certains sont oubliés par nos concitoyens ou ignorés, il ne reste qu'à souhaiter qu'en novembre cela puisse retenir l'attention de la commission pour l'obtention du Label

WOLFF 23/09/2013 11:00

Compte - tenu de son passé historique (les prostestants y furent nombreux), Bergerac se doit de faire tout ce qui est possible pour renover ce lieu de culte encore utilisé. Il faudra agir, il va de soi, en étroites liaison avec les protestants locaux, et surtout ne pas exploiter cet argument dans la lutte qui opposera les divers candidats, pour les prochaines municipales.
G.Wolff.