La révolution énergétique de Beauplan

Publié le par Fabien Ruet

La révolution énergétique de Beauplan

 

A l’occasion d’une délibération actant le versement d’une subvention municipale pour la reconstruction du nouveau quartier de Beauplan, le moment était venu pour faire le point sur l’opération d’urbanisme et de logement la plus aboutie du mandat écoulé. Sans doute convient-il de rendre hommage à la détermination de Périgordia Habitat d’avoir voulu mener à son terme ce projet de reconstruction et de démolition. Cela commence bien entendu par les efforts de détermination et de patience qui doivent être déployés pour accompagner chaque famille concernée dans la recherche d'un logement adapté. Aux côtés du bailleur, nous souhaitions réparer la grande injustice de l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain : les oubliés de Beauplan n'avaient-ils pas le droit à une amélioration de leurs conditions de vie ? Rappelons que c'est le Conseil municipal de Bergerac qui décidait, le 25 mars 2010, de donner son accord à la démolition de 103 logements. Il était temps de tourner la page d'une cité qui avait été construite en 1962 pour accueillir les rapatriés. Peu à peu, Beauplan était devenu un condensé des choix hâtifs en matière de politique d’urbanisme : un ensemble collectif au cœur d’un quartier pavillonnaire, bien éloigné du centre-ville. C’était sans doute l’ensemble immobilier qui méritait le plus d’être éligible au titre de l’ANRU. La mixité sociale y était la plus faible de la ville. Mais ni le gouvernement Raffarin, ni le plan de relance Sarkozy ne voulurent donner le moindre euro pour apporter une réponse à ce quartier de la ville. Pour le bailleur, l’opération était sans doute d’autant plus difficile que la cité, largement amortie depuis 1962, était une source de fonds propres non négligeables. Pour nous tous, elle était aussi une garantie pour trouver un toit décent, même aux revenus les plus modestes. Se lancer, seuls, dans une opération de démolition et de reconstruction était un énorme pari.

 

L’éco-cité est à la fois un choix politique et un défi technique à surmonter pour que la démocratisation de l'accès au développement durable permette de gagner une ambition sociale.

 

Sans la volonté politique de notre équipe municipale et la mobilisation permanente de Périgordia Habitat, nous n’aurions jamais réussi à mener à bien cette opération, à l’échelle d’un mandat électoral. Avec le soutien du Conseil général, du Conseil régional, de la Communauté de Communes et de la Ville de Bergerac, nous étions en mesure de lancer une opération de 4,3 millions d’euros. L’objectif était de livrer la première éco-cité de Bergerac et de relever un défi énergétique sans précédent. L’éco-cité n’est pas un slogan péremptoire, une vague promesse ou un effet d’annonce d’un possible développement durable. L’éco-cité est à la fois un choix politique et un défi technique à surmonter pour que la démocratisation de l'accès au développement durable permette de gagner une ambition sociale. Je m’explique. Le choix politique est clair : nous considérons qu’il est de notre devoir que de garantir à chacun un droit à un logement décent. Derrière ce droit, c’est aussi et surtout donner à chacun la dignité de pouvoir payer son loyer. Si on veut aujourd’hui que chacun puisse assumer de pouvoir le payer, il est inévitable de rechercher à comprimer au maximum les charges de fonctionnement d’un logement. Le choix de l’éco-cité devient à la fois un choix d’urbanisme et une promesse d’amélioration des conditions de vie. Il s’agit de limiter la consommation de terrains pour la construction en regroupant les nouveaux bâtis suivant le modèle du logement intermédiaire, plutôt que du pavillon individuel. Chacun aura accès à une cellule de vie bien privative et un accès à son lopin de jardin, un potager, ce petit morceau de nature qui permet à chacun d’avoir un peu de douceur de vivre et pouvoir nourrir par la suite un projet de vie. La fin du mois arrive et il faut payer son loyer. Le défi technique de l’éco-cité est alors à surmonter.

 

Pour se donner une idée de l’ordre de grandeur du défi en question, il convient de parler consommations énergétiques. Ces dernières, pour un logement en France, sont en moyenne de 270 kWh par mètre carré et par an. Avec l’éco-cité de Beauplan, nous serons à 45 kWh par mètre carré et par an. Si nous y réussissons, vous comprenez que les charges locatives seront beaucoup plus faibles que pour un logement normal. Les loyers pourront rester accessibles. Il me semble que dans une précédente chronique, je vous disais que l’habitation à loyer modéré, le fameux HLM, était une idée neuve. Beauplan en donne la plus belle démonstration. La première opération des 31 logements de l’éco-cité aura pour objectif de décrocher la note enviable du A, au titre des diagnostics de performance énergétique.

Pour approfondir, retrouvez d'anciennes chroniques du blog :

L'ancienne cité de Beauplan, au coeur d'un ensemble pavillonaire

Publié dans Logement

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