Vous souvenez-vous du jour où... n°8

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Après la municipalisation des transports urbains

 

Alors que la future Communauté d'Agglomération de Bergerac s'apprête à prendre la compétence des transports urbains au 1er janvier 2013, notre rubrique de souvenirs se propose de revenir aux origines de la municipalisation de ce service. De la circulation à vide de grands bus au vote de subventions d'équilibre, l'histoire semble se répéter comme pour mieux souligner l'ampleur du défi à relever par la future communauté d'agglomération.

 

Vous souvenez-vous du jour où … les transports urbains bergeracois sont devenus municipaux ? Cette photographie a été prise sur la place du foirail, à la fin de 1980, pour servir d'illustration à une nouvelle politique municipale. Un autobus de la marque Berliet a été acheté d'occasion dans le département de la Sarthe pour être réutilisé sur l'ensemble du nouveau réseau de transports urbains de Bergerac. Dès le 2 janvier 1981, ce service sera désormais municipal puisque la Ville de Bergerac a décidé de procéder directement, sous forme de régie, à l'exploitation des transports en commun. Il faut se souvenir qu'auparavant, c'était l'entreprise Bion qui assumait ce service à l'échelle de la commune. Elle ne pouvait plus continuer à l'assumer tant le coût d'exploitation était élevé et la subvention d'équilibre votée par le Conseil municipal toujours plus importante. Toute ressemblance avec un présent budget annexe ne serait que purement volontaire.

 

Depuis novembre 1967, l'exploitation des transports urbains avait été confiée par contrat à une entreprise privée. Si le système n'avait pas posé de problèmes majeurs pendant de nombreuses années, des difficultés de fonctionnement et d'usage se développèrent durant la décennie 1970. Le matériel roulant utilisé n'était pas adapté à l'exigence des transports urbains. Les véhicules étaient trop gros et leur taux de remplissage très faible. A quoi bon faire circuler ces grands bus vides toute la journée dans la ville ? Les horaires étaient de moins en moins respectés et les arrêts de bus étaient très peu matérialisés. La fréquentation ne pouvait pas dépasser le stade de la stricte nécessité. Les deux chocs pétroliers se répercutèrent violemment sur le coût d'exploitation de ces lignes de bus. Une société privée n'était pas philanthropique et la mission de service public n'était pas remplie.

 

Il fallut donc attendre 1981 pour voir la prise en main du dossier des transports urbains par la municipalité. Trente ans après, alors que nous avons enfin enregistré un succès en matière de fréquentation des transports en commun avec la mise en place du Transport à la Demande, beaucoup de bergeracois s'étonnaient encore des grands bus qui circulaient à vide... Trente après, la culture des transports en commun n'est toujours pas acquise à Bergerac ; elle reste balbutiante. Il s'agit sûrement de l'une des missions les plus fondamentales de la future communauté d'agglomération. Nous relevons le défi parce que notre future communauté sera une communauté de projets pour une communauté de vies. Les transports en commun seront, dans chaque village, la première expression concrète de l'existence de ce nouveau mode de gestion intercommunale.

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