Vous souvenez-vous du jour où... N°10

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Nous renouons, aujourd'hui avec une chronique qui, à la lecture des statistiques de fréquentation, vous plaît toujours beaucoup. Nous ouvrons donc la boite à souvenirs insolites des Bergeracois en vous proposant de faire revivre les derniers moments d'un lieu fréquenté par les noctambules, en contre bas de la rue Garrigat, le long de la Dordogne. Je vous donne rendez-vous au « Pourquoi pas » sur la péniche.

 

« Lieu d'encanaillement pour les uns, souvenirs d'un Bergerac presque oublié qu'on n'osait pas encore appeler « underground », la « péniche » reste dans les mémoires de quelques oiseaux de nuits bergeracois désormais assagis... ou presque. Mais vous souvenez-vous du jour où le bateau prit l'eau de manière irréversible ?

 

Le sort de la « péniche », appelée le « Pourquoi pas », a été scellé bien avant cette crue de la Dordogne en août 1977 qui avait fini par avoir raison de sa résistance aux flots pourtant paisibles de notre rivière espérance. Tout s'est joué à plus de 500 kilomètres de Bergerac, 7 ans plus tôt. Nous étions dans la nuit du 1er novembre 1970, à Saint Laurent du Pont, dans l'Isère. Un incendie se déclare dans un dancing surnommé le « 5-7 ». 146 personnes périssent dans le drame. Les mauvaises conditions de sécurité seront tenues pour responsables de la tragédie. Suite à cet événement, concomitant à la mort du Général de Gaulle, le journal satirique Hara-Kiri titrera « Bal tragique à Colombey : un mort ». Au delà de l'anecdote historique, c'est en conséquence de l'incendie du « 5-7 » que l'Etat prend la mesure de la nécessité de renforcer les consignes de sécurité dans les établissements de nuit. La péniche devait alors être fermée pour ces raisons.

 

Le « pourquoi-pas » était devenu un de ces lieux de distraction et de rencontres nocturnes pour les bergeracois dans les années 1960. Rien ne semblait pourtant indiquer que ce bateau finirait sur les rives de la Dordogne, près de l'actuel Pont Louis Pimont, à Bergerac. La péniche avait vaillamment servi dans le transport des matériaux pendant plus de vingt ans sur le Canal du midi. Ce n'est qu'en 1966 qu'elle fut rachetée par un Hôtelier-restaurateur qui en fit le cadre de ses activités commerciales. Après sa fermeture administrative pour raisons de sécurité, la Péniche devait être transformée en restaurant chinois. La météo en aura décidé autrement. Au mois de mars 1979, des grues et des engins de chantiers finissaient par faire disparaître le navire.

 

Sans doute, seul le lit de la rivière gardera le souvenir des nuits agitées à bord du "pourquoi pas". Comme un ultime hommage, de nombreux bergeracois vinrent saluer l'épave de la péniche, dernier vestige d'une insouciante jeunesse évanouie dans le tourbillon des années 60. Adieu à toi la péniche,  place aux engins de démolition. L'heure n'est plus à la fête mais à l'urbanisation. 

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MANES 08/04/2014 23:39

Dommage que Mr Ruet parle de choses qui connait pas très bien et qu'il à certainement pas vécu , l'époque de la péniche , de la cascade ou ont passés tous nos dimanches ( content et heureux comme si nous étions à Arcachon ) mais ce qui m'attriste le plus dans ses commentaires , c'est ses adjectifs qui reviennent souvent comme " insouciante jeunesse " que Mr Ruet sache que nous étions pas des insouciants , mais des jeunes garçons et filles heureux de vivrent , surement plus qu'aujourd'hui avec les portables et internet , je vous laissent tous ces supports contre notre ...insouciante jeunesse .

Serge 02/09/2013 15:52

Bonjour monsieur Ruet

Je vous contacte car grâce à vous, avec une grande émotion j’ai pu visionner et stocker précieusement enfin une photo de «ma» Péniche... (Même à moitié détruite) J’emploie improprement le mot «ma» car curieusement cette boîte de nuit originale est restée à jamais au plus profond de mes souvenirs...
Je vous remercie donc d’avoir eu la bonne idée d’évoquer cet aspect un peu oublié de la vie bergeracoise d’il y a maintenant... longtemps...
Cela fait des lustres que via le web j’essaie notamment d’obtenir des photos de cette «Péniche» telle que nous la nommions ou «Galion» dénomination officielle et «Pourquoi pas» peut-être son nom original ?
Via mon site perso je l’évoque à ma façon depuis 2002, ainsi qu’un autre «lieu» mythique pour moi du Bergerac de mon enfance, le hall de l’Odéon... :
http://www.vinylmaniaque.com/pochettes2/mythes10.pdf
http://www.vinylmaniaque.com/pochettes2/mythes2.pdf

Cela m’a permis d’entrer en contact avec deux anciens «clients» que j’ai côtoyés à l’époque...
Que de souvenirs, que d’émotion... Peu de temps avant de quitter Bergerac, la revue musicale à laquelle j'assistai évoquait la lente immersion du Galion dans un sketch... Pour essayer d’atténuer l’aspect inesthétique de sa décrépitude la coque avait été repeinte, je suppose par les services municipaux.

Certes, comme tous les établissements dans son genre, elle avait mauvaise réputation... Mais au-delà de la frime arrogante de nos 20 ans il y avait aussi de l’amitié, du rêve, de bons moments...

Cette époque révolue du «swinging Bergerac» est même évoquée dans le gros livre «Bordeaux rock».
http://www.vinylmaniaque.com/repertoire4/revue-de-presse-1.html#Anchor-Bordeau-23584

Des lieux restés dans mon souvenir comme l’Odéon (période machines à sous), le Roxanne, la Péniche, la Cascade, le Moulin de Surrier...

Au sujet de la fermeture suite à l’horreur de St Laurent du Pont, je me rappelle que TOUS les établissements de nuit de Bergerac et des environs étaient fermés pour ces questions notamment d’issues de secours. Même le célébrissime «guinchou» de Saussignac ! Mais la plupart ont pu, en ouvrant quelques issues, installant quelques panneaux lumineux «sortie», réouvrir rapidement sauf, hélas, la Péniche... Quoique rétrospectivement l’évocation du feu dans cette coque bondée avec une étroite échelle pour sortir fait froid dans le dos...

Lorsque le Galion était bondé, les danseurs de jerks endiablés faisaient tanguer la coque... Avec les plaisanteries cruelles d’ados si une personne un peu forte dansait à ce moment...

J’arrête d’abuser de votre patience pour vous reposer la question : si vous connaissez ou possédez des photos, documents, relatifs à la Péniche... Ou connaissez des gens qui en possèdent.. Je suis intéressé. Je pourrai éventuellement développer cette évocation nostalgique sur mon site.

Amicalement,
Serge

wolff 24/01/2013 00:42


Assez amusant comme nom cette péniche où les bobos bergeracois des années 60 evaient s'encanailler...


Le "Pourquoi pas?"  fut aussi le nom des 4 bateaux du docteur JB Charcot utilisa lors de ses expéditions polaires qui furent riches d'enseignement. Cet homme extraordinaire, qui fut
champion de France de rugby au poste de pilier en 1895 et 96 avec l'Olympique de Paris  (dissident du Racing Club de France), double médaillé d'argent aux J.O. de 1900 en voile. périt en mer
à bord de son "Pourquoi pas IV" en 1936.


Pas tout à fait l'histoire de la guinguette sur la Dordogne de Bergerac...


Gérard WOLFF.