Le projet de la rue de la Résistance

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La Ville de Bergerac aime la démocratie participative. Elle ne se cantonne pas à la seule mise en place des conseils de quartiers ou aux rencontres semestrielles avec les habitants. Pour chaque chantier de rénovation des  voiries, nous avons également procédé à des réunions de travail avec les riverains concernés, à l'hôtel de Ville. Parfois, plusieurs réunions sont nécessaires pour parvenir à un accord, je pense notamment à la rue du Combal. Mais depuis quatre ans, nous avons multiplié ce type d'exercice démocratique original.

Tout commence par une première réunion d'information où le principe d'aménagement est énoncé. C'est ensuite la réunion d'échange et d'adoption du projet définitif. La rue de la Résistance n'a pas échappé à ce processus. Elle est emblématique puisqu'elle reste la principale artère de la commune. Elle a donc fait l'objet d'une longue phase de concertation, tant ce projet s'inscrit dans le cadre du schéma directeur d'urbanisme, intitulé Bergerac 2020, traduction politico-administrative du programme électoral avec lequel nous avons été élu. La mise en sens unique de cette rue emblématique constitue un enjeu qui dépasse largement le cadre d'une simple opération d'aménagement urbain.

La concertation au coeur du projet. D'abord, précisons pour certains esprits chagrins ce que fut le processus de décision. Ce projet de la rue de la Résistance n'est pas le fruit d'une illumination soudaine qui aurait frappé l'équipe municipale. Nous avions déjà pointé du doigt cette nécessité au moment des assises du commerce. Il faut se souvenir de ce grand moment de démocratie participative où nous avons établi notre feuille de route, en toute transparence et en concertation avec l'ensemble des commerçants de la ville. Là où d'autres avaient la passion des ronds points, nous nous sommes efforcés de raisonner en termes de dynamiques, de flux et de reconquête du centre-ville. La mise en sens unique résulte d'un vote de l'ensemble des commerçants de la rue, présents en réunion et consultés individuellement en porte à porte. Les propriétaires furent également associés. Pas moins de trois réunions de concertation furent organisées pour obtenir la majorité des deux tiers souhaitée par notre maire. L'objectif étant rempli, le projet était validé.

Une rue plaisir. La nouvelle rue de la Résistance sera une voie aménagée à sens unique dans le sens du tribunal vers l’église Notre Dame. Le confort du promeneur a été privilégié comme la place concédée aux déplacements doux. Nous avons opté pour de très larges trottoirs qui permettent un meilleur déploiement de l'activité commerciale et qui répondent à la problématique de l'accessibilité. Un couple avec une poussette ou une personne à mobilité réduite doivent pouvoir se croiser en toute sécurité. En optant pour l'espace partagé, la circulation automobile à sens unique sera tolérée mais en zone 20 où le mobilier urbain et le possible contre sens cyclable imposeront de ralentir.

 

Par l'aménagement de trois placettes successives, ce sont des points de convivialité qui seront créés tout au long de cette promenade. Les places de stationnements seront limitées aux livraisons et à quelques arrêts minutes dont le maintien est indispensable pour la pérennité de certaines activités comme la pharmacie. Les concertations continueront afin de caler les périodes de chantier avec les impératifs de l'activité commerciale. Enfin, nous devrons engager une réflexion et des actions pour harmoniser les terrasses pour faire de la rue de la Résistance un axe exemplaire en matière de respect du règlement local de publicité.


Faire la différence. Pendant plus de trente ans, les élus bergeracois se sont battus pour le désenclavement du territoire. Sur ce point, nous touchons au but. Notre principal enjeu aujourd'hui, dans le cadre du programme de revitalisation du Centre-Ville, est de gagner en attractivité sur cette zone. Nous ne pouvons plus jouer sur les dynamiques qui pouvaient être liées aux visiteurs en transit. Demain, les habitants du bassin de vie du Canton de la Force seront à moins de 10 minutes du pôle commercial de la Cavaille. Nous avons le devoir politique d'anticiper ces mutations. Nous nous y efforçons de concert avec la Communauté de communes et demain avec l'agglomération.

 

Résistance est la locomotive commerciale du centre-ville. Elle ne portera jamais mieux son nom que si elle capable de résister à la concurrence, notamment des grandes surfaces et des galeries marchandes. Pour y parvenir, nous devons faire la différence sur le cadre de vie. Posons-nous la question suivante : pourquoi, irai-je faire les magasins en centre-ville ? Il y a d'ailleurs une différence sémantique tout à fait remarquable. On parle de faire les magasins en centre-ville et de faire les courses dans les grandes surfaces. Nous sommes proches de la notion de plaisir. La diversité des commerces est un facteur important. Nous y veillons avec la mise en place du droit de préemption sur les baux commerciaux qui nous permet de surveiller le maintien de cette diversité. C'est ensuite la qualité de vie qui fera la différence. Ce type de promenade est aussi souvent le seul loisirs de celles et ceux qui n'ont pas les moyens de partir en week-end ou en vacances.  La requalification de la rue de la Résistance répond à cet enjeu.

 

Le  projet de la rue de la Résistance s'inscrit aussi et surtout dans le schéma directeur d'urbanisme où les boulevards urbains sont un point de débouché pour la rocade et canalisent la circulation automobile pour les diriger vers les parcs de stationnement. Ces boulevards sortent de terre à Jean Moulin et demain à Montaigne : canalisation des autos à 50 km/h avec trafic fluide, grands trottoirs et pistes cyclables pour favoriser l'insertion en milieu urbain des déplacements doux. Ensuite le périmètre qui ceinture le vieux Bergerac devient une zone 30, voir un espace partagé pour Résistance. La voiture est tolérée mais on rentre dans un secteur où le plaisir de vivre prime sur toute autre considération (et le périmètre prend tout son sens : Rue Neuve, Résistance, Saint Esprit Salvette).

 

Pour résumer, cela devient facile de se rendre en centre-ville. On laisse sa voiture (Bellegarde et République sont facilement accessibles, tout comme le Foirail) et on profite d'un cadre de vie qui est une invitation à la déambulation, à la promenade, à la découverte et aux rencontres.  Cette ville où il fait bon vivre, c'est le cœur de notre réputation ; on la retrouve avec nos aménagements dans le vieux Bergerac (Port, Gaudra, Cailloux, Fontaine, Saint-James...) où nous avons un cœur piéton qui respire davantage. Résistance est une zone charnière, elle doit être un point de fixation, un point d'accroche des promeneurs pour permettre ensuite d'irriguer l'ensemble du quartier commerçant jusqu'au marché couvert. C'est tout l'enjeu de cet aménagement et même du dynamisme commercial de la ville dans son ensemble. Et je ne parle même pas de l'OPAH RU pour repeupler le Centre-Ville. Le Plan Global des Déplacements va venir mettre du liant dans tout cela et mettre en cohérence ce schéma politique avec les flux de circulations étudiés et à venir.

 

Un peu de patience, le chantier commencera en septembre prochain. 

 

Publié dans Déplacements urbains

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