Le changement en Europe, c'est maintenant.

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 Herman

 

A l'occasion de l'un de ses discours sur l'avenir de l'Europe, pendant la campagne électorale, François Hollande s'était fait « prophétique ». Notre victoire était attendue en Europe. Si l’assainissement des finances publiques des pays membres est un impératif de bonne gestion, la brutalité des oukases de « Merkozy » conduit à l'impasse, à la frustration et à la montée des populismes. Un pacte des responsables de la droite européenne pour ne pas recevoir le candidat socialiste dans les principales capitales européennes s'était maladroitement mis en place. Se faisant, dans les dernières semaines de campagne, les réactions de nombreux responsables européens se multipliaient comme autant de signes encore discrets d'une attente de changement de politique en Europe. A force de vouloir imposer la seule austérité, la chancelière allemande a pris le risque de s'isoler sur le continent et de fragiliser davantage la zone euro. A défaut de donner du crédit à la dernière provocation stupide de son ministre des finances qui considérait que l’Eurogroupe était prêt à supporter la sortie de la Grèce, la victoire de François Hollande est une grande opportunité à saisir. Et si le changement en Europe, c'était maintenant ?

 

Une politique d'austérité doit avoir pour objectif la contraction de la dette publique comme unique préalable au retour de la croissance économique. Elle se traduit exclusivement par une réduction des dépenses de l’État afin de permettre un retour de confiance du système bancaire. En parallèle, une politique de libéralisation du marché du travail pour que le facteur humain devienne une variable d'ajustement de la compétitivité économique. Une politique d'austérité se fait aussi synonyme de réduction des cotisations sociales versées par les entreprises. A Droite, on parle alors de réduction des charges, considérant que face à la concurrence internationale, l'emploi doit coûter le moins possible à l'entreprise. Les politiques de réduction des cotisations sociales, destinées à accompagner la libéralisation du marché du travail, conduisent irrémédiablement à aggraver l'équilibre financier des grands budgets sociaux de l’État. La politique d'austérité conduit à une impasse puisque la croissance économique, seule créatrice de richesses, est prise dans un étau intenable entre impossible équilibre des comptes sociaux et réductions aveugles des dépenses publiques. Encouragées par le projet de traité de discipline budgétaire, considérées comme préalable indépassable par l'Allemagne d'Angela Merkel, ces politiques d'austérité restent d'application nationale dans une économie globale.

 

Favoriser la croissance en Europe. L'arrivée de François Hollande à la tête de la Présidence de la République intervient dans un contexte unique en Europe où ces politiques exclusivement nationales d'austérité ne fonctionnent pas. Ainsi la Grèce et le Portugal, qui ont déjà ratifié le traité de discipline budgétaire, enregistrent un recul de 4,4 % et de 3,3 % de la croissance respectivement. Nous ne pouvons plus continuer à vouloir préserver une monnaie unique au sein d'une économie européenne de plus en plus intégrée en ne jouant que sur le seul registre de ces politiques nationales d'austérité. La victoire de François Hollande est le signe qu'il faut agir collectivement. La croissance ne peut revenir en Europe que si nous sommes en capacité de répondre ensemble aux grands enjeux de développement pour notre continent. Nous ne pouvons pas continuer à nous battre nationalement pour respecter exclusivement des critères d'orthodoxie budgétaire sans avoir en retour des politiques européennes qui permettent de financer des projets continentaux d’infrastructures, de recherche et de développement. C'est tout le sens des propositions de François Hollande : engager les efforts d'assainissement de nos finances nationales, tout en mutualisant une bonne partie des nouvelles dettes publiques. Les emprunts obligataires garantis par l'Union Européenne et la Banque Européenne d'Investissement sont de formidables leviers. En votant François Hollande, les Français ont également envoyé un message d'attente en faveur d'une évolution de la politique européenne : une Europe des peuples et des projets.

 

Alors que nous ne sommes qu'en période de transition entre le Président élu et le Président investi, les visiteurs de marque se pressent à l'ancien quartier général de campagne de François Hollande. Mercredi, Herman Van Rompuy, Président du Conseil Européen,ouvrait le bal des visiteur officiels avant Jean Claude Junker, le Président de l'euro-groupe. Avant même la fin de la campagne électorale, Mario Draghi, Président de la Banque Centrale Européenne, appelait de ses souhaits une évolution de la politique européenne pour plus de croissance. Alexis Tsipras, jeune leader de la gauche grec, souhaiterait rencontrer François Hollande. Avant la rencontre officielle de mardi après-midi avec la chancelière allemande, le nouveau Président de la République sait qu'il est attendu en Europe. Le Président Barroso de la Commmission européenne a déjà indiqué qu'il était prêt à travailler avec François Hollande. Alors oui, le changement en Europe, c'est maintenant !

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