La peur de ne pas payer son loyer

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vuejeanmoulin

 

Nous reprenons aujourd'hui le fil de nos réflexions en matière de logement social. La semaine dernière, nous avons commencé à évoquer ensemble le bilan économique et social de la société d'économie mixte de la Ville de Bergerac, Urbalys Habitat. Je vous rappelle que cette société est propriétaire de près de 500 logements sur le territoire de notre commune. L'an dernier, nous avions décidé de ne pas augmenter les loyers. Il en a résulté une stabilité des impayés, nous démontrant que ce choix permettait à notre société de mieux résister à la crise. Chaque locataire pouvait conserver la première de ses dignités : payer son loyer. Parce que le blog-notes me permet une certaine liberté dans le choix des sujets politiques à évoquer à travers l'échange que nous nouons ensemble, j'ai envie ce matin de vous entretenir sur une question qui a peu de chance d'avoir les honneurs de la presse. Elle a pourtant été abordée par le Conseil municipal. Sous des aspects très techniques, la question du taux de rotation interne au sein du parc social traduit bien les effets de la crise sur les Bergeracois les plus modestes. Le taux de rotation interne mesure les demandes de changement de logements au sein du parc d'un bailleur. Au sien de notre société d'économie mixte, nous constatons une forte augmentation. Pourquoi ?

 

Depuis quelques années, nous constatons une certaine évolution des comportements au sein du parc social. J'attire votre attention sur le taux de rotation interne qui est passé de 16,5% à 25,2 % au sein du parc d'Urbalys Habitat. Cette tendance peut et doit s'analyser. Dans une moindre mesure, elle est la traduction d'un nouveau comportement du locataire, plus volatile dans ses demandes, plus proche du consommateur de logements. Mais cette rotation est surtout, dans le cas présent, le révélateur du sérieux et d'une prise de conscience des effets de la crise par le locataire lui-même. Je disais, la semaine dernière, que payer son loyer est un élément important pour contribuer au maintien de la dignité des personnes. La peur de ne plus pouvoir honorer ses engagements conduit aussi des locataires à demander un changement pour un loyer moins cher, pour un appartement plus modeste. C'est donc parfois tout un projet de vie qui est revu à la baisse volontairement pour pourvoir continuer à faire face à la crise du pouvoir d'achat. Je me souviens des déclarations honteuses de Nicolas Sarkozy sur les pseudo-profiteurs du logement social. Nous en avions parlé dans le blog. Ce taux de rotation interne au sein du parc d'Urbalys Habitat lui apporte la plus cinglante des réponses.

 

Il en résulte logiquement une situation de vacance qui se porte davantage sur les grands logements et que nous devons bien entendu corréler à cette augmentation du taux de rotation interne. Les locataires délaissent les grands logements pour des logements plus modestes. Sur la grosse vingtaine de logements vacants, il s'agit quasi exclusivement de F4 et de F5 en Centre-ville. Nous proposerons très prochainement une étude d'architecture intérieure pour y apporter des réponses plus adaptées aux goûts et aux besoins du moment. Mais je ne perdrai pas de vue qu'aujourd'hui, c'est bel et bien la crise qui pousse à quitter des trop grands logements de peur de ne plus pouvoir payer son loyer.

 

A suivre...

Publié dans Logement

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