La finance contre Bergerac

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mairiebgc

 

Comment maintenir notre priorité politique accordée à l'investissement pour soutenir l'économie locale et combler nos retards structurels lorsque les banques refusent de vous financer à hauteur de ce à quoi vous pouvez légitiment prétendre ? En nous accordant seulement 3,5 millions d'euros sur les 8 millions attendus, la finance nous montre qu'elle n'obéit qu'à ses propres logiques. Après Boulazac qui renonce à son projet de médiathèque, Bergerac doit mettre entre parenthèses le projet de construction d'une nouvelle école au Bout des Vergnes ; projet sur lequel nous avons déjà beaucoup parlé dans le blog-notes. Si des travaux de rénovation seront engagés sur le présent groupe scolaire pour répondre aux besoins de la communauté pédagogique, nous devons dénoncer cette dictature des banques.

 

Notre adversaire, c'est la finance. Ainsi, à l'occasion de notre dernière séance du Conseil municipal, le Maire Dominique Rousseau a rendu compte à la représentation communale des résultats de la consultation des banques, pour le financement de notre budget 2012. Les propos du premier magistrat se faisaient cruellement l'écho du discours du Bourget, prononcé le 22 janvier 2012 par François Hollande : « Dans cette bataille qui s'engage, je vais vous dire qui est mon adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance. ». Même l'opposition, si prompte à critiquer et soucieuse de masquer ses compromissions idéologiques passées avec le Président sortant, devait reconnaître l'inacceptable caprice des banques à notre encontre. Je vous rappelle que dès l'adoption de notre budget, nous avions tenu à insister sur le fait que notre politique de rétablissement des finances communales ne pouvait être déconnectée du contexte national et de la crise internationale. Les collectivités locales, à l'image de Bergerac, sont les principales actrices de l'investissement public en France. Sans elles, la crise toucherait dans des proportions bien plus grandes le tissus de nos PME et de nos artisans.

 

Les banques contre l'école. Aujourd'hui, notre Ville subit les caprices de la finance. On se souvient pourtant de la recapitalisation des banques à grand renfort d'argent public. Le temps passe et la reconnaissance n'est pas à l'ordre du jour. Ne comptons pas davantage sur un éventuel rappel à l'ordre de l'Etat. A l'image du Président sortant, l'heure est à la non intervention. Comme de nombreuses autres collectivités locales, Bergerac doit se retrouver seule face aux banques. Que pèse notre potentiel fiscal face aux grands enjeux du capitalisme financier ? Sans aucun critère et malgré un effort continu de rétablissements de nos finances publiques, les banques nous prêtent à peine la moitié de ce que nous étions en droit d'attendre habituellement. Ces décisions sont prises indépendamment de la santé financière de nos collectivités et des efforts accomplis pour solder le passif de nos prédécesseurs. Tout le monde se souvient du passif de l'aéroport à la seule charge de notre commune, l'abandon des recettes du stationnement au profit d'une société privée, les déficits de l'abattoir municipal et de la totalité des budgets annexes. Quatre ans après, l'équilibre se rétablit et les banques ne nous opposent que du mépris.

 

C'est un vrai crève-cœur que de substituer au projet de nouvelle école une réhabilitation de l'existant. Mais force est de constater que l'Etat est complètement absent de ces négociations avec les banques. Il ne nous donne aucune visibilité. Les collectivités locales ne seront jamais des entreprises. Notre seul souci est d'améliorer les conditions de vie des habitants. Notre présente difficulté face aux banques doit servir d'exemple en appui du bien fondé de la démarche engagée par François Hollande en faveur d'une banque publique d'investissement et pour moraliser la finance. Plus que jamais, nous le souhaitons et l'espérons : le changement, ce doit être maintenant avec François Hollande.

 

Publié dans Engagements et humeurs

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wolff Gérard 03/04/2012 01:05


Il en sera toujours ainsi tant qu'on aura pas maîtrisé le capitalisme fou qui galope depuis des années!


On alors faire comme aux States: faire construire une école par Bougues, équipé de chauffage par Total, avec des mac Intcoh en PC et téléphones, une cuisine Jacques Borel, des instit recrutés par
le directeur lui même dépendant du Goupe Bouygues, des pions détachés par l'armée (dans les ZEP on mettra la Légion étrangère), la sténographie sous traitée à Taïwan, et les espaces verts en
synthétiques fournis par German Platic und CO.


La route est longue encore et en attendant ce sont les gamins qui trinquent!


GWolff.