La dernière de la Femme du Boulanger

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Quel snobisme intellectuel peut pousser une certaine presse locale à avoir passé sous silence un évènement, jeudi dernier, au Centre Culturel de Bergerac ? Sans doute la Saint Valentin était-elle un sujet à traiter sous l’angle d’une énième ressassée des sempiternelles chicaneries politiciennes dont parfois la vie locale est émaillée. Ou pire encore, la quête illusoire de l’honneur perdu du journalisme d’investigation mobilisait-elle toutes les énergies à la recherche d’un nouveau témoignage de mécontentement ou d’inquiétude sur les travaux de la rue de la Résistance ? Toujours est-il que, depuis quelques jours, nous subissons un traitement médiatique quasi mono-manique ou rien ne semble pouvoir exister en dehors de ces deux sujets. Il est sûrement temps de se ressaisir.  Les travaux de la principale artère commerçante de notre ville ne dureront qu’un temps et les élections municipales ne sont prévues (normalement) que dans 13 mois. Revenons à notre humeur du jour, l’évènement était bien au Centre Culturel, jeudi soir, pour la représentation de La femme du boulanger.  

 

Michel Galabru est un immense acteur, un monument qui, a plus de 90 ans, monte encore sur scène. Les esprits étroits seront sans doute passés un peu vite devant cette représentation bergeracoise considérant sans doute que Marcel Pagnol n’était pas à leur hauteur de vue. Sans doute les pitreries de l’adjudant-chef Gerbert ne méritaient pas mieux, à leurs yeux, que la lecture d’une chronique insipide  du Nouvel Observateur sur les nanars du cinéma français. Michel Galabru n’a plus rien a prouvé. Sa récompense pour son interprétation dans le juge et l’assassin en témoigne. Il se contente aujourd’hui d’offrir en partage son talent et son plaisir d’acteur aux spectateurs présents dans la salle. La femme du Boulanger laisse naturellement le souvenir de la prestation cinématographique de Raimu et du retour de la pomponette.   Michel Galabru, à la tête d’une troupe de 12 comédiens, s’est livré à une performance exceptionnelle qui permet de redécouvrir un texte et donne tout son sens au théâtre populaire et familial. Je vous précise également que toutes les générations étaient présentes dans la salle.  

 

Alors oui, jeudi soir, l’évènement à Bergerac était au Centre Culturel. Tant mieux pour nous qui étions présents et vraiment privilégiés. C’était tout simplement la dernière, la toute dernière, d’une tournée nationale couronnée de succès. Le public présent ne s’y est pas trompé en réservant une longue et spontanée « standing ovation » à un monstre sacré  du théâtre. La troupe de comédiens descendait dans les travées de notre théatre pour se joindre au public et rendre hommage au jeune homme qu'est Michel Galabru. Le Centre Culturel de notre Ville y a sans doute écrit une de ses  belles pages et cela méritait bien un billet d’humeur dans le blog-notes.

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Wolff 17/02/2013 02:47


Comme tu as bien raison cher Fabien!... J'ai vu cette pièce à la TV il y a peu de temps (avec P. Fiori dans le rôle du berger) et M. Galabru  est bien un immense acteur et qui
tient bien la scène à 90 balais.


Je ne suis pas comme ces intellos de droite et de gauche (il y en a peu au centre!) qui boudent leur plaisir devant ce que j'aime appelerle téâtre populaire! J'aimais aller
voir, quand j'étais plus jeune les tréteaux du Théâtre .Universitaire français qui donnaient des spectacles un peu partout, j'ai adoré le remarquable travail réalisé par Jean Vilar à
Avignon, j'ai adoré Gérard Philippe, un comédien nettement supérieur à sa pâle copie actuelle qu'est Francis Huster.


Je pense qu'il faut de tout pour faire de la bonne culture et le théâtre populaire, celui de Pagnol, comme celui de ce sacré comique qu'était Molière en font partie! Et tant pis pour les
pisse froid de critiques du Nouvel Obs ou du Monde!


Gérard WOLFF.