Enfin, la reconnaissance du 17 octobre 1961

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Une fois n'est pas coutume, la chronique que je vous propose aujourd'hui sera très courte.  Il me semblait nécessaire de reprendre intégralement le texte du communiqué de presse diffusé par le Président de la République, à l'occasion des commémoration du 17 mars 1961.

 

Comme beaucoup de militants de ma génération qui ont eu la chance de ne pas avoir subi les affres de la décolonisation, j'accorde une grande importance à la réconciliation franco-algérienne. De la même manière, je pense souvent à ces milliers d'appelés du contingent qui durent répondre à l'appel des drapeaux pour accomplir leur devoir dans une guerre dont il ne partageait pas les justifications. Je pense souvent à ces milliers de garçons de mon âge tués à l'occasion d'opérations dites de pacification. Je soutiens la FNACA dans sa volonté de reconnaissance du 19 mars 1962. La guerre d'Algérie est complexe, douloureuse mais il est grand temps de s'y confronter avec objectivité et lucidité.

 

La répression des manifestations d'algériens du 17 octobre 1961, à Paris, reste une page noire de l'histoire de notre République, une page écrite sur notre territoire, dans une ville qui prétend toujours à éclairer les peuples. Parce que sans doute la République reste un idéal difficile à atteindre, c'est tout à son honneur que de savoir reconnaître ses torts. Rappelons pour les jeunes générations que dans le contexte très tendu de la fin de la guerre d'Algérie et alors que le Front de Libération Nationale multiplie les exactions, une répression policière sans précédent s'abat sur les participants d'une manifestation organisée par la Fédération de France du FLN. Cette dernière a osé braver le couvre-feu qui était imposé aux seuls nord-africains. Le Préfet de Police de l'époque, le tristement célèbre Maurice Papon, remonte ses troupes à bloc et couvre de nombreux assassinats de manifestants algériens dont les corps de certains seront jetés à la Seine. Cette page longtemps occultée de notre histoire vient donc d'être officiellement reconnue par le Président de la République François Hollande, dont je vous livre le communiqué intégral. Il me semblait nécessaire de saluer le courage du Chef de l'Etat. Un pays qui sait regarder son histoire en face, en assumer les responsabilités, n'en est que plus fort pour affronter les enjeux du temps présent. C'est une preuve de maturité démocratique. 

 

"Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression.

La République reconnaît avec lucidité ces faits.

Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes."

 

François Hollande, Président de la République Française, le 17 octobre 2012

Publié dans Engagements et humeurs

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LOUANCHI 30/10/2012 22:48


lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news


En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de
Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du
village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions
hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un
seul aujourd'hui se décide à parler.


35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser
le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de
ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi
joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur
radio-alpes.net

gérard Wolff 18/10/2012 16:55


Tout à fait d'accord avec toi!... Moi qui ai vécu en Algérie de 1947 à 1958, j'étais toujours déchiré entre mes copains pieds noirs et mes copains kabyles, j'étais gosse et je ne voulais
pas choisir entre les uns et les autres et c'est sans doute pourcela que j'ai choisi, en 4° d'étudier  l'arabe comme 2° langue au lieu du latin, pour mieux "m'intégrer " dans ces terres
bénies de Dieu et d'Allah.


Je me souviens bien de cette nuit sanglante où les policiers aux ordres de Papon frappèrent à mort des manifestants maghrébins  pacifiques venus défiler pacifiquement avec femmes et
enfants. A la demande de la section FLN de France ils venaient pour refuser  le couvre feu inique qui les touchait! Certains, pour échapper aux policiers se jetèrentdans la Seine
au pont St Michel, d'autres y furent jeté par les forces de l'ordre. Selon les historiens le nombre de morts est de 100 à 250 morts alors que Papon en déclarait 2 seulement. Cet homme diabolique
avait dit le 5 octobre 1961,  lors de l'enterrement d'un policier assassiné par le FLN: " Pour un coup donné nous en porterons10!". Pendant ce temps là, depuis l'été 1961
 les membres du gouvernement provisoire de la république algérienne discutaient en cachette des conditions de cesser le feu en Algérie avec les émissaires du général De
Gaulle!


J'avais 17 ans et cela a été pour moi le début de ma "politisation" 


Oui, François Hollande a parfaitement raison de présenter les excuses des français au peuple algérien.


Gérard WOLFF.