Densifier, un enjeu pour le Bergerac de demain

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Chronique après chronique, nous nous efforçons de bien préciser quels furent les enjeux de la révision et de la modification du Plan Local d’Urbanisme que nous avons adoptées à l’occasion de notre dernier conseil municipal. Ce dossier est très long et j’ai donc fait le choix de vous l’exposer par billets thématiques. Pour éviter de perdre des lecteurs en route, je vous rappelle que nous avons déjà une présentation générale des grands enjeux de cette révision, que nous avons présenté nos orientations en faveur du développement des déplacements doux, de l’amélioration de la sécurité routière et de la nécessité de répondre aux enjeux de développement futur de la ville. Pour autant, et il s’agit sans doute de l’une des tendances les plus lourdes de notre politique urbaine depuis 50 ans, nous devons nous efforcer de lutter contre l’étalement urbain tout en permettant à la ville centre de pouvoir continuer à accueillir de nouveaux habitants. C’est l’enjeu de ce que nous appelons la densification urbaine sur Bergerac.

 

Pour comprendre la nécessité de la densification urbaine, il faut se rendre compte de ce qu’a été l’évolution et le développement de notre ville depuis la fin de la seconde guerre mondiale. La mutation de la rive gauche de Bergerac est souvent la plus révélatrice, même si nous pourrions également prendre l’exemple des coteaux Nord. Il suffit de prendre sa voiture et de sortir du quartier de la Madeleine en empruntant la direction du sud. Imaginez qu’avant guerre, l’essentiel de la Ville se limitait rive gauche au seul faubourg de la Madeleine. L’expansion urbaine de Bergerac sous les trente glorieuses s’est traduite par une explosion des zones pavillonnaires jusqu’à la fin des années 2000. Rendez-vous compte qu’il y a continuité dans l’urbanisation de Naillac jusqu’aux limites de la rocade Sud. Les terres disponibles ont littéralement été dévorées pour les besoins de construction. En moins de 50 ans, cette moitié de ville s’est couverte d'habitations, de zones commerciales, alors même que nous avons sensiblement le même nombre d'habitants qu'au début du siècle dernier. Jamais, à l’échelle de notre histoire, nous n'avions été aussi peu soucieux de la protection de la terre. C’était l’obsession du terrain constructible. C’est le phénomène de l’étalement urbain qui a fait que Bergerac en est devenue un triste exemple national. Il était temps d’y mettre un terme et d’accompagner les évolutions de la ville moderne.

 

Densifier pour grandir. La densification s’est imposée comme une réponse appropriée après la limitation drastique de la constructibilité qui a été adoptée dès la fin de l’année 2008. Cette mesure très impopulaire pour les propriétaires concernés permet pourtant aujourd’hui de préserver de véritables zones naturelles, de conserver des terrains agricoles utiles dès lors que nous devrons répondre aux enjeux des circuits courts en maraichage et du besoin de terres pour nourrir notre bassin de vie. Il n’en demeure pas moins que Bergerac reste une commune centre d'un important bassin de vie et qu’elle se doit d’accueillir de nouveaux arrivants. Nous avons déjà parlé, dans une précédente chronique, du besoin de répondre aux attentes des jeunes ménages qui veulent leur premier bien immobilier et celui des séniors dynamiques qui veulent se rapprocher du centre-ville. La densification permet de construire davantage sur une même parcelle pour répondre aux attentes de la population. Encore fallait-il en préciser le périmètre. Ce fut un des principaux enjeux du schéma directeur d’urbanisme que nous nous sommes efforcés de traduire dans notre PLU. L’idée est d’accompagner la logique de notre plan global des déplacements qui se structure autour des boulevards urbains (de Jean Moulin au Maréchal Leclerc en passant par le pont Pimont et l'ex nationale 21). Sur ces terrains déjà construits, nous avons adopté une modification du zonage qui permettra ainsi de densifier les parcelles et d'éviter la prolifération pavillonnaire. Pour les actuels propriétaires, c'est aussi une garantie de ne pas voir se dévaloriser la valeur de leurs parcelles. Dans le même esprit, l'emplacement réservé autour des Grands Moulins a été élargi aux bâtis annexes de la rue Saint Esprit afin de permettre la structuration d'une opération de densification en coeur de ville en lien avec notre programme de redynamisation du centre-ville. Mais je ne doute pas que durant cette année, nous reparlerons de ce projet.

 

A suivre ...

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