C'était en 2012 : une année de patrimoines

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2012 restera une année exceptionnelle du point de vue de la politique que nous avons engagée en matière de valorisation du patrimoine. Des résultats concrets furent obtenus et des projets importants pour l’avenir furent lancés. La rétrospective d’aujourd’hui se propose de revenir sur les transformations importantes subies par le Musée du Tabac, par le devoir de mémoire sur les travailleurs indochinois, sur les restaurations de l’Eglise Notre Dame et de l’orgue de Saint Jacques, sur les surprises du chantier de la rue des fontaines et sur le projet du cinéma Le Royal.

 

  • Le musée du Tabac transfiguré.

Amphi tabac 3

L’année 2012 commençait et le Musée du Tabac fermait très provisoirement ses portes au public. L'honorable institution, labellisée Musée de France, subissait une importante phase de travaux dans le cadre de sa restructuration et de la rénovation complète engagée depuis deux ans et demi. Après la nouvelle entrée et le nouvel accueil place du Feu, après le legs ALTADIS enrichissant nos collections, après le programme scientifique entièrement revu par notre conservateur autour de l'anthropologie du tabac pour la découverte des civilisations, nous lancions la construction d'un amphithéâtre en lieu et place de l'ancienne salle d'entrée du musée.Cette fermeture exceptionnelle aura permis aux équipes techniques d'intervenir pour réaliser la première tranche de cette nouvelle campagne de travaux. Outre la rénovation des sanitaires largement hérités du début des années 1980, ce fut une opération de plus de 130.000 euros. Destinée à améliorer les conditions d'accueil du public suivant les standards des grands musées européens, mais en jouant résolument la carte de la proximité, cette approche a été saluée par le Ministère de la Culture puisque nous bénéficions d'une subvention de près de 10 % sur l'aménagement de cette nouvelle salle. Le public devait plébisciter ce nouvel aménagement lors de la nuit des musées.

 

  • Pour l’honneur des travailleurs de force indochinois.

expo indo 2

Il s’agit, sans aucun doute, de l’un des dossiers dont je suis le plus fier d’avoir mené à bien l’accomplissement à Bergerac. L'association Histoires Vietnamiennes, et son secrétaire Pierre DAUM (journaliste et correspondant pour Libérationet le Monde Diplomatique) proposèrent une exposition sur les travailleurs indochinois pendant la seconde guerre mondiale. Après son passage aux archives départementales de Périgueux, il n'était pas concevable que cette exposition ne puisse pas venir à Bergerac. Du 3 au 21 avril, la médiathèque municipale de l'Espace Bellegarde a accueilli cette exposition gratuite comme un témoignage de respect de notre ville envers ceux qui furent arrachés de leurs terres pour apporter leur main d'oeuvre à la poudrerie où à la viticulture bergeracoise. A travers l'hommage voulu par le Maire de Bergerac, ce fut également le devoir de mémoire qui s'exprimait par l'évocation de la destinée de ces quelques 2.000 hommes passés par notre ville. Mal logés, mal nourris, souffrant du froid et des humiliations, les travailleurs indochinois méritaient que nous puissions les honorer en Centre-ville pour réveiller les consciences et éclairer les mémoires de nos concitoyens. La conférence devait réunir plus d’une centaine de personnes tandis que le Maire prenait la décision d’installer une stèle commémorative de l’engagement des travailleurs indochinois sur le boulevard des poudriers (prolongement du boulevard Charles Garaud en direction de Creysse).

 

  • La poursuite de la restauration de Notre Dame.

Notre Dame

Notre Dame de Bergerac a été classée monument historique depuis 2002, en raison de la singularité de son caractère intégralement néo-gothique. En 2012, une première phase de trois ans de travaux s'achevait. Elle s'était déclinée en trois tranches dont la première fut à la fois dictée par l'urgence et spectaculaire en raison de sa nature : le renouvellement de la flèche et la rénovation complète du clocher jusqu'au porche. L'étape décisive pour la préservation de l'église dans son ensemble a été réalisée également avec succès : il s'agissait de la mise hors d'eau global de Notre Dame. Avant l’été, nous nous engagions dans une deuxième phase de travaux pour les trois ans à venir d'un montant de 787.000 euros. Il s'agissait de privilégier une intervention sur les parties les plus endommagées de Notre Dame : restauration du rond point de cœur, des chapelles Ouest et Est, de l'oratoire et de la sacristie.

 

  • Le rideau se lève sur le Royal.

Le Royal au coeur des attentions municipales

Le Royalest une des belles surprises de notre dossier de candidature au Label Ville d’Art et d’Histoire. Le ciné-club dans le cadre d’un lieu d’animation culturelle ouvert sur le quartier et la ville est aujourd’hui une sérieuse piste de travail sur laquelle nous nous efforçons de mobiliser les énergies. Mais il existe des réglementations draconiennes en la matière et les autorisations sont longues et difficiles à obtenir.L’ancien bâtiment du cinéma était dans notre viseur depuis 2008. A l’époque, une opération de défiscalisation immobilière, de type de Robien, avait été autorisée par l’ancienne municipalité. Il s’agissait alors de livrer de nouveaux produits locatifs sur l’emplacement des anciens établissements Lacour et de transformer le local du Royalen loft. Lorsque ce projet immobilier inadapté a été abandonné, nous avons fait en sorte de suivre avec attention le devenir du site. L’idée était de dissocier dans une certaine mesure la question de la sauvegarde du Royald’opérations immobilières qui auraient répondues à nos attentes stratégiques en matière d’urbanisme. A partir du moment où un promoteur privé acceptait d’acheter les locaux des anciens établissements Lacour contigus au Royal, le Maire a souhaité que nous puissions en faire l’acquisition. La première étape en 2013 devrait être de pouvoir mûrir le projet le plus adapté pour ce bâtiment, d’en arrêter les modalités de gestion.

 

  • Surprise sous la rue des Fontaines.

Rue des Fontaines : début des travaux.

Les chantiers réservent parfois de bonnes surprises, en 2012, comme en 1852. Au 33 et 36 de la rue des fontaines, sous la chaussée, se trouve une grosse pierre avec un anneau de levage. Sous cette pierre, un puits d'accès permet, comme son nom l'indique, d'accéder 3 m plus bas à un caveau d'une longueur de plus de 5 mètres. Cette galerie en clef de voûte est du 13ème siècle. La hauteur sous les dalles de pierre est de 1,45 m. Ce premier réservoir est relié à un second en face de la turbine hydro-électrique par un aqueduc souterrain qui permet ainsi d'alimenter la fontaine des Cinq Canelles. Dans le cadre du chantier de rénovation de la rue des fontaines, nous avons donc procédé à la remise en état des réseaux. Mais en 1852 déjà, la surprise fut toute différente. Un extrait du journal de Bergerac en date du 31 janvier 1852 repris par le blog-notes vous disait : « en enlevant la clef, on a découvert une sorte de caveau assez spacieux au sol duquel coulait une eau très-limpide qui alimente les tuyaux : deux bouteilles de vin rouge, cachetées avec le plus grand soin, ont été trouvées dans ce caveau ; les goulots portent une espèce de collier en plomb sur lequel sont gravés : Fescarode, Sellerier, Poussou 1787 ».

 

  • La restauration de l’orgue de Saint Jacques officialisée.

orguestjacques copie

C’est l’une des décisions importantes en matière de valorisation du patrimoine qui aura été prise en 2012. L'orgue Cavaillé-Coll de 1877, au sein de l’église Saint Jacques, est un des trésors de notre patrimoine local. Ne pouvant plus fonctionné, le Maire de Bergerac s'est ému de cette situation d'autant que l'instrument était classé monument historique depuis 1993. Une fois la décision actée de lancer la restauration, nous nous devions de prendre un peu de temps pour choisir le meilleur facteur d'orgues possible. Il sera chargé de mener un chantier de restauration particulièrement technique et délicat. Les financements de 2013 furent anticipés. Imaginez maintenant l'ampleur de la tache à accomplir. Il s'agira de procéder à un grand relevage de l'instrument, de restituer quelques éléments changés depuis la création de l'orgue. Tous ses éléments constitutifs seront remis à niveau. En parallèle, des travaux sur la tribune permettront de renforcer la solidité de l'ensemble, de déshumidifier pour obtenir une hygrométrie adaptée à la conservation de l'orgue, et enfin procéder aux mises aux normes électriques. Après 18 mois de travaux, pour une estimation de 203.725 euros, nous aurons la chance de pouvoir ré-entendre ce qui reste comme l'un des plus beaux instruments, reconnu sur le plan international.

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