4. Der Kanzler Sarkozy.

Publié le

  Sarko O1

 

Pour rétablir un peu d’équilibre dans notre suivi de l’élection présidentielle, revenons aujourd’hui sur la triste semaine du Président sortant. Tout commence par Calimero Sarkozy qui livre ses états d’âme à une presse avide de confidences et un chef de l’Etat qui subit toute la semaine le tempo et l’agenda de François Hollande. Dernier rempart de l’UMP en crise, Alain Juppé ne peut enrayer la belle dynamique du candidat socialiste. Il fallait donc une convocation de la presse au palais présidentiel pour permettre à Nicolas Sarkozy de reprendre la main. Moralité, à chaque intervention présidentielle, ce sont les Français qui doivent payer. Nous terminons la semaine par une candidature du Président sortant… pour la chancellerie allemande, à la vue de sa soudaine passion teutonne.

 

Nicolas Sarkozy doute de ses propres chances de réélection. Il y a une vie après la politique et le Président n’envisage pas de poursuivre le combat en animant des réunions de cellules UMP en Province. Bonjour la reconnaissance pour l’engagement militant de base ! Bonjour l’encouragement pour celles et ceux qui devront distribuer tracts et programmes du futur candidat à sa propre succession ! Personne n’est dupe de ces pseudos confidences qui restent des stratégies grossières de la communication politique pour occuper le terrain. Les ficelles sont connues : puisque le candidat socialiste endosse le costume présidentiel et prend la hauteur nécessaire, il faut humaniser le Président sortant, quitte à le victimiser. Il est encore trop tôt pour exhiber la dernière née. Jouons la carte de la confession de Nicolas Sarkozy pour attendrir les Français et dénoncer en creux l’excès de confiance de François Hollande, faute de pouvoir contester le bien fondé de son programme.

 

C’est alors au tour d’Alain Juppé de parfaire la stratégie, à l’occasion du débat l’opposant au favori des sondages. Jadis si fier d’être « droit dans ses bottes », le maire de Bordeaux est venu débusquer la pseudo arrogance de François Hollande. La stratégie présidentielle tourne à la risée nationale, dans une France névrosée par la crise et frappée par l’incohérence de l’action UMP ces dernières années. Nicolas Sarkozy n’a plus d’autre choix que d’intervenir lui-même en conviant six chaînes de télévision dans la salle des fêtes de l’Elysée. On image aisément les conseillers de l’ombre justifier le choix des ors élyséens comme studio de télévision pour restaurer une hauteur présidentielle oubliée dès le début du quinquennat de l’homme du Fouquet’s et à la Rolex.

 

Le Président sortant y impose une nouvelle vague d’austérité à des Français qui n’en peuvent déjà plus de payer pour les erreurs de sa gestion et la multiplication des cadeaux fiscaux. Semblant s’inspirer de la seule Allemagne, Nicolas Sarkozy dévoile un programme qui fait fi de sa responsabilité passée. Nous devrons payer une nouvelle hausse de TVA, aggravant encore un peu la crise en ponctionnant toujours plus le pouvoir d’achat. Pour ressembler aux Allemands, il faut faire cadeau aux entreprises d’allègements de cotisations sociales. On sait bien que plus de 80 % des fraudes aux cotisations sociales proviennent des chefs d’entreprise. Alors, il faut reconnaître le bien fondé de leur exaction. Charge aux Français de payer cet allègement de cotisations par cette TVA anti-sociale qui nous ponctionnera de 13 milliards d’euros. Et puis, pour faire bonne mesure, on  laissera désormais les ouvriers et les employés au seul bon vouloir des chefs d’entreprise pour décider de leurs conditions de travail. Oubliées les conventions collectives, bafouées les grandes législations sur la durée du temps de travail, liquidées des 35 heures déjà bien amochées par la défiscalisation des heures supplémentaires. Désormais, tout doit se négocier au cas par cas dans chaque entreprise.


La campagne présidentielle de la droite au pouvoir reprend les vieux thèmes qui firent son succès en 1981. La gauche est accusée de vouloir ruiner le pays. Il est urgent de mettre un terme à ce mandat où des hommes et des femmes ont fini par croire que le pouvoir pouvait échapper à l’alternance démocratique. Dans cette fin de règne épuisée, pourquoi ne pas permettre à Nicolas Sarkozy de se retirer en Allemagne, pour méditer les raisons de son échec.

Publié dans Présidentielles 2012

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article