Une baisse injuste de 5 euros des Aides Personnelles au Logement (APL)

Publié le par Fabien Ruet

Considérant mon expérience en la matière, il me semble nécessaire de réagir contre l’annonce de la baisse des Aides Personnelles au Logement. Samedi 22 juillet dernier, le Gouvernement a annoncé une baisse des aides personnelles au logement (APL, ALS, ALF). Cette mesure mathématiquement simple à comprendre prévoit de diminuer de 5 euros les aides personnelles au logement pour tous les bénéficiaires, dès le 1er octobre prochain. Près de 6 millions de français seront concernés. Pour un territoire comme celui du Bergeracois, au cœur de l’arc de la fragilité de la Nouvelle Aquitaine, c’est un très mauvais signal et une injustice sociale. Afin d’anticiper sur certaines réactions politiques, je précise que, quand bien même cette mesure était envisagée par le précédent gouvernement, ce n’est pas une raison pour reprendre une ineptie économique et une injustice sociale.

 

Etre en capacité de payer son loyer est la première des dignités du locataire. Les aides personnelles au logement ne sont pas un marqueur d’assistanat. Elles sont un outil indispensable au maintien de la solvabilité minimale des ménages les plus modestes. Bien entendu, pour la plupart d’entre nous, 5 euros par mois semble un effort bien dérisoire mais c’est oublier la réalité de vie de la plupart de nos concitoyens. Je rappelle que 76% des demandeurs de logements en bergeracois disposent de ressources inférieures aux plafonds d’éligibilité pour du logement très social (PLAI).  Une baisse, même de 5 euros par mois, est un coup direct à un pouvoir d’achat dérisoire. Elle entraine une détérioration des conditions de vie. Comme l’indique mes collègues de l’Union Sociale pour l’Habitat « pour les ménages les plus modestes, 5 euros peuvent représenter une journée de « reste pour vivre », c’est-à-dire ce qu’il reste à une personne lorsqu’elle a assumé ses dépenses contraintes (loyer, charges, transport, crédit, impôts) ».

 

Depuis près de 20 ans, la réalité des conditions de vie des locataires du parc HLM sont implacables. Les ressources de ces locataires ont diminué de 100 euros. Dans un parc social où la totalité des loyers est plafonnée, l’aide au logement est exclusivement destinée au locataire. Si nos bailleurs sociaux seront en mesure de proposer les accompagnements pour les inévitables progressions des impayés, ne perdons pas de vue l’état de paupérisation du parc privé et l’isolement des locataires comme des propriétaires pour apporter les réponses appropriées. Cette baisse de 5 euros n’est pas anodine. Il est encore temps de trouver d’autres sources d’économies comme sur la fin des défiscalisations de certaines constructions locatives inutiles.   

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