Bergerac : mauvais plan pour la salle de Beauplan

Publié le par Fabien Ruet

Bergerac : mauvais plan pour la salle de Beauplan

C’était loin d’être la petite maison dans la prairie, peut-être pas la plus poétique et de couleur bleue, adossée à la colline, ... mais la petite maison de Beauplan a donné bien du bonheur à des enfants et à des habitants du quartier. C’est avec beaucoup de regrets que j’ai témoigné en Conseil municipal de Bergerac quant à la décision de vendre cette salle communale, dans un quartier pour lequel il me semble avoir beaucoup œuvré, notamment pour la démolition-reconstruction de la cité de Beauplan, au tournant des années 2010.

 

J’ai conscience que la municipalité ne peut pas conserver la totalité de son patrimoine immobilier. Mais à l’heure où elle se questionne légitiment sur les modalités de déploiement de l’action de ses centres sociaux, la salle de Beauplan restait un point d’ancrage pour toute une partie Nord de la ville comprise entre la route de Mussidan et la route de Sainte Foy des Vignes, pour résumer. La démolition passée de la cité de Beauplan doit être immédiatement corrélée à la reconstruction de l’éco-cité qui lui a succédée et aux redéploiements de nombreux lotissements liés aux politiques de reconstruction de la Catte, notamment sur Beauplan de Rosette. Il est donc illégitime de supprimer un équipement public de proximité au cœur d’un quartier prioritaire au titre de la Politique de la Ville. Quand bien-même l’utilisation de cette salle n’était pas optimale (encore fallait-il l’entretenir et la promouvoir ; y compris dans un souci de mixité des usages), elle était un point d’ancrage bien utile pour la population. A force de vouloir vendre les bijoux de famille, la municipalité de Daniel Garrigue en vient à se contredire dans ses objectifs de territorialisation de son action sociale.

 

Quant à l’avenir de ce lieu, il y a beaucoup à dire. Je n’ai absolument rien à redire sur les acquéreurs privés de ce local communal. Leur souci d’y développer une activité économique est bien légitime et ils auraient bien torts de refuser l’opportunité foncière qu’offre la municipalité de Bergerac. En revanche, je me questionne sur le bien-fondé d’implanter une activité économique (qui n’est pas un commerce de proximité) sur un site isolé au cœur d’un vaste quartier pavillonnaire. Non loin de là, à proximité des établissements Colussi et des nouveaux locaux de l’imprimerie Charron , il existe une ébauche de zone d’activités qu’il conviendrait sans doute de valoriser. Comme en a témoigné l’élu communiste Cédric ZAPERA, la Ville de Bergerac gagnerait en transparence et en efficacité de se doter de son propre règlement d’intervention dans le domaine de l’économie (compétence de la Région et de l’Agglomération). Elle ne peut pas jouer que sur le seul registre de l’évaluation du prix de vente par le service des domaines. En minorant de 10% le prix de vente, la Ville se livre à un jeu dangereux qui peut être source de contestations.

 

En fin de compte, il n’était peut-être pas urgent de vendre la petite maison de Beauplan.

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