Vers la guerre des médecins à Bergerac ?

Publié le par Fabien Ruet

Vers la guerre des médecins à Bergerac ?

Nous allions voir ce que nous allions voir. Le 28 avril 2016, nous validions en Conseil municipal le principe de la création d’un Centre Municipal de Santé. Le maire de Bergerac était décidé à réagir face à la désertification médicale qui touche cruellement notre territoire. C’était prévu pour Septembre, le Centre Médical ouvrirait ses portes et les bergeracois retrouveraient enfin un médecin.

 

FAUTE DE CONCERTATION, CA PART DANS TOUS LES SENS

 

Plus d'ouverture pour septembre. Pire, nous semblons nous diriger vers une guerre des médecins, faute à un manque de concertation. Si je ne me suis jamais opposé à ce projet, force est de constater que, pour autant, le Maire n’a tenu compte d’aucune de mes observations. Aujourd’hui la Ville est dans une dangereuse situation de concurrence avec les efforts des médecins libéraux pour répondre à une même problématique. A force de vouloir tirer la couverture à soi, on finit par se prendre les pieds dedans. Au final, ce sont les Bergeracois qui ne trouvent toujours pas de médecin.

 

La problématique de la lutte contre la désertification médicale ne doit pas faire l’objet de coups politiques. Le problème est trop grave pour perdre du temps avec des individualités soucieuses de tirer la couverture à eux. En nous faisant voter le principe de la création d’un Centre Municipal de Santé dès le 28 avril 2016, je redoutais une posture du Maire, en amont d’une réunion prévue par l’Agence Régionale de santé le 4 mai suivant.

 

DES MEDECINS EN CONCURRENCE

 

La problématique du manque de médecin se pose à l’échelle du territoire du grand bergeracois et il était impératif de trouver des solutions concertées, afin que toute initiative locale ne se fasse pas au détriment des actions déjà engagées dans le cadre du Contrat Local de santé, du Pôle de santé des médecins libéraux de Bergerac, de la CAF, de la Clinique Pasteur et de l’Hôpital.

 

Malgré cet avertissement quant à la nécessaire concertation, le Maire persiste à vouloir faire cavalier seul. Mais voilà, il bute sur le recrutement des médecins, se contraignant à passer une petite annonce dans le journal. Pire, il entre désormais en concurrence directe avec les efforts déployés par les médecins libéraux dont le porte-parole, le Docteur Benoit Blanc, annonce qu’un premier généraliste est installé depuis le 5 septembre et qu’un second doit arriver pour début décembre.

 

SOULAGER LES URGENCES

 

En outre, c’est au hasard d’une de mes dernières remarques en Conseil municipal que nous avons appris du Maire que le futur Centre municipal de Santé ouvrirait ses portes dans l’enceinte du Centre Hospitalier de Bergerac. Ce choix n’est pas opportun et nous éloigne de l’objectif de répondre aux besoins de généralistes à Bergerac. La ville dispose de locaux disponibles comme en témoigne la vacance au rez-de chaussée de la cité Jean Moulin. Une partie était déjà dédiée à des cabinets médicaux. Etrange choix que celui de vouloir implanter le futur centre Municipal de Santé en promiscuité directe avec le service des urgences. Elle ne pourra conduire qu’à un système de vase communiquant où le Centre Municipal de Santé servira à désengorger les urgences. Par ailleurs, pour des quartiers entiers comme celui de Jean Moulin ou du Centre-Ville, sans moyens de locomotions et déjà pénalisés par la fermeture du cabinet médical des docteurs Pelissier et Faufingue, accéder à ce futur service à l’hôpital ne sera pas chose facile. Je regrette qu’une culture efficace de la concertation ne puisse pas fonctionner dans cette Ville.

 

Il n’est jamais trop tard pour se parler, voir pour adapter la voilure du futur Centre Municipal de Santé.

Commenter cet article

Bernard 04/10/2016 20:40

Les quatres années qu'il reste vont être dures à le supporter.Il faudra que les Bergeraçois réagissent.

Bernard 04/10/2016 20:37

Les personnes qui ne pourront pas se déplacer n'auront qu'à se faire transporter par Monsieur le Maire, puisqu'il ne tiens pas ses promesses.Ces quatres années qu'il nous restent à le supporter vont être dures.Bergeraçois il va falloir réagir aux prochaines élèctions.