Rappel à l'ordre de Véolia à Bergerac

Publié le par Fabien Ruet

Rappel à l'ordre de Véolia à Bergerac

A l'occasion de la séance du Conseil Municipal du 7 juillet 2016, je suis intervenu, notamment, sur la question de la délégation de service public de l’eau potable dans notre ville. Différentes municipalités ont fait le choix d’en confier la gestion au privé auprès de la société Véolia. Le présent contrat de délégation de service public nous lie à cette société jusqu’en 2021. Autrement dit, et au-delà des questions de transferts de compétences entre syndicats d'eau potable et ville, il s’agira d’un enjeu politique prépondérant dans les 5 ans à venir. Or, il existe un laisser-aller inquiétant quant à la surveillance du réseau si bien que ce dernier se dégrade sans réelles réactions du délégataire. Laisser faire est-il une stratégie de Véolia pour rendre plus difficile le retour dans le giron public de la gestion de l'eau potable ? On peut le croire dès lors que le réseau dont nous hériterons sera tellement dégradé, qu'il justifierait trop d'investissements au regard de nos capacités financières. Dans ces conditions, nous devons rappeler à l’ordre le délégataire pour lui réaffirmer ses obligations. A défaut, on peut se questionner sur les raisons d'une telle passivité de la Mairie. La lutte contre les fuites d’eau du réseau est une priorité. Elle est un préalable indispensable pour envisager sereinement un retour à une gestion publique de l’eau potable.

Rappel à l'ordre de Véolia à Bergerac

Des fuites d’eau sur le réseau. Nous sommes à plus de mi-chemin du contrat de délégation de service public, tel que notre ancienne municipalité l’avait négocié. Aujourd’hui, l’impression d’un ronronnement du service est de plus en plus prégnante. L’obligation de résultats céderait-elle le pas à la rente de situation ? Nous avions formalisé une obligation légale de rendement du réseau de 86 %. Le Grenelle de l'Environnement nous oblige à 73,73%. Ce rendement implique de lutter contre les fuites sur le réseau car ces pertes sont inacceptables au regard de la préciosité de l’eau. Comment expliquer que les chiffres sont mauvais à Bergerac ?

Rappel à l'ordre de Véolia à Bergerac

Le rendement baisse tous les ans, passant encore de 78.8% en 2013 à 78.5 en 2014 et 75,6% en 2015. C'est du jamais vu alors que la baisse est de plus de 3,7 %. La surveillance et les contrôles sur le réseau sont insuffisants.Plus le rendement diminue, plus nous sommes en présence de fuite et de gaspillage de l’eau.

Rappel à l'ordre de Véolia à Bergerac

Comment pouvons-nous accepter une perte de plus de 6 m3 par km et par jour alors que le monde manque d'eau. Ce gaspillage est inacceptable. La réponse de Véolia est inadaptée. Il laisse le réseau se dégrader. Les propos du délégataire sont d'ailleurs à la limite de l'incompétence si nous n'ignorions pas ses arrières pensées :

 

« Sous réserve de la confirmation qui sera émise par l’Agence de l’Eau, le rendement de réseau 2015 étant supérieur au seuil de rendement « Grenelle 2 », il n’est pas nécessaire d’établir un plan d’actions spécifique. Veolia poursuivra ses efforts pour améliorer la performance du réseau dans la continuité des actions mises en œuvre en 2015. »

 

Optons donc pour le cynisme de Véolia. C'est vrai qu'avec une telle efficacité, il y a de quoi ne rien changer. Mais si, de gestion justement !

 

Il est urgent de rappeler à l’ordre Véolia. Je souhaite que Bergerac entre de plein pied dans l’excellence environnementale. La voie publique de gestion de l'eau est éthiquement la plus acceptable et économiquement la plus adaptée à Bergerac. 

 

La question de l’eau est cruciale mais nous pouvons nous interroger quant aux motivations réelles du délégataire. En ne faisant rien, Véolia laisse le réseau se dégrader pour rendre les investissements à réaliser trop importants et justifier une nouvelle délégation de service public.  Les moyens existent. Après l’échec du projet de centre de traitement des eaux sur les rives de la Dordogne, véritable machinerie technique qui aurait déjà rendu irréversible la délégation de gestion au privé, la sécurisation de la ressource en eau reste une priorité pour laquelle près de 800.000 euros de crédits sont ciblés.A nous de bien les injecter. La mairie actuelle a aussi sa part de responsabilités. Pour ma part, je joue carte sur table y compris sur nos intentions futures. 

 

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