Au revoir René GRENIER

Publié le par Fabien Ruet

Au revoir René GRENIER

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris la mort de mon camarade et ami René GRENIER. Le maire du Faubourg nous a quitté, et avec lui une de ces figures si attachantes de notre ville. Ce surnom de Maire du Faubourg lui avait été donné il y a si longtemps que tout le monde avait fini par y croire. Il n'aura pas de successeur parce qu'il est et le restera dans nos mémoires.

 

René GRENIER disait toujours qu'il appartenait au Parti Socialiste. Et j'étais toujours frappé par cette expression : appartenir au Parti Socialiste. Voilà bien le sens de l'Engagement. Ce dernier avait débuté alors qu'il n'était que jeune homme, adhérant à la Section Française de l'Internationale Ouvrièrer de Léon Blum, en 1935. C'était à la veille du Front Populaire, de cet immense espoir où déjà aux côtés de Huguette, sa future épouse, il formait un couple militant que seule la mort vint séparer. La guerre fut placée sous le signe du devoir. Blessé et fait prisonnier, il n'eut de cesse par la suite d'honorer la mémoire de ses camarades tombés au front, en participant activement aux associations d'anciens combattants de Bergerac. Mais René GRENIER restait avant tout un militant socialiste fidèle à ses engagements : humble, participant à tous nos combats. Je me souviens de sa présence, toujours joyeuse, à nos rassemblements des jeunes socialistes à Creysse, où il lui revenait la charge d'entonner la « Jeune garde ». En 2012, il tenait encore à faire son devoir en tenant un cahier d'émargements dans notre bureau de vote de la Madeleine.

 

René GRENIER a été un de ces commerçants du quartier de la Madeleine qui avaient fait la renommée de la rive gauche de Bergerac. Il a aussi été un conseiller municipal assidu de notre ville, aux côtés de Louis PIMONT dont il parlait avec affection et de Michel MANET qu'il évoquait toujours avec respect. Il faut se souvenir qu'il fut un des pionniers de la piétonisation du Centre-ville de Bergerac, se rendant même à la fin des années 1970 en délégation d'étude à La Rochelle pour observer cette mutation des rues commerçantes qui allaient marquer l'urbanisme jusqu'à nos jours.

 

Parce que l'engagement socialiste était comme une seconde nature, René était fier de détenir une carte de notre parti portant le n°584. Il avait connu les joies des premiers congés payés, l'effondrement de la vieille SFIO, le renouveau du Parti Socialiste. Il connu bien des défaites électorales pour connaître la joie des victoires de Léon Blum, François Mitterand, Lionel Jospin et François Hollande. Il savait qu'il fallait cultiver la patience et ne jamais renoncer. Il avait connu tous nos congrè, leurs divisions, leurs déchirements et leurs passions. Il aimait passionnément le débat et a tenu jusqu'au bout à y apporter sa contribution. Nous devons être à la hauteur de son engagement, de son amour du Parti mais aussi et surtout de son sens de l'unité des socialistes. Au revoir mon cher René, mon vieil ami, mon vieux camarade, j'entendrai longtemps ta voix nous chanter :

 

"Nous n'voulons plus de guerre
Car nous aimons l'humanité
Tous les hommes sont nos frères
Nous clamons la fraternité
La République universelle
Empereurs et rois, tous au tombeau
Tant pis si la lutte est cruelle
Après la pluie, le temps est beau

 

Prenez garde, prenez garde

Vous les sabreurs, les bourgeois, les gavés
V'là la jeune garde, v'là la jeune garde"

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Grenier 27/06/2016 16:25

Merci Fabien Ruet pour cet article émouvant.
Sincères salutations de la part d'un des petits enfants de René Grenier.