Ecole du taillis : ne pas attendre septembre.

Publié le par Fabien Ruet

Ecole du taillis : ne pas attendre septembre.

Il n’y a de combats perdus que ceux qu’on refuse de mener. Les premières réponses apportées à la mobilisation contre la fermeture d’une classe au sein du groupe scolaire du TAILLIS, à Bergerac, me conduisent à réagir. N’attendons pas la rentrée de septembre 2016 pour revenir sur la décision de fermeture de cette classe. Un moratoire était sans doute plus efficace afin de ne pas relancer une procédure de création de poste dès lors que la demande se fera ressentir. A défaut, nous prépare-t-on à une fermeture inévitable bien qu’inacceptable au regard des obligations de l’école de la République dans les quartiers prioritaires ? N’attendons pas septembre pour maintenir la classe du Taillis.

 

C’est le 17 mars dernier que j’ai décidé de rompre la chape de silence qui régnait sur la décision de fermer une classe au sein du groupe scolaire du Taillis, malgré une stabilité des effectifs à l’horizon 2017. Les représentants des parents d’élèves se sentaient bien seuls et la municipalité semblait dépassée pour ne pas dire désintéressée par la question. Après une rencontre auprès de Madame l’Inspectrice d’Académie, cette dernière campe sur ses positions de ne pas remettre en cause sa décision de fermeture. Aujourd’hui, je conteste le bienfondé de ses arguments dans le courrier qu’elle m’adressait le 12 avril dernier. En outre, un courrier du 22 avril dernier de Monsieur le Recteur d’Académie me laisse perplexe quant aux futures conditions de travail de l’équipe pédagogique pour la rentrée scolaire prochaine.

 

Je ne conteste pas  l'idée selon laquelle  l’école ne peut pas tout faire. Pour autant, dans des quartiers prioritaires comme celui du Taillis, elle est la seule présence de la République. Cela implique des obligations de moyens. C’est sur cette base que je conteste certains arguments qui me sont opposés : « Le retrait ou l’attribution d’un poste dans cette école ne permettra pas de régler les relations sociales entre les habitants du quartier » ou bien encore « les solutions sont avant tout ailleurs ». Avec tout le respect que je dois à Mme l’Inspectrice d’Académie, ce n’est pas la raison pour laquelle nous nous opposons à cette fermeture de classe. Seule l’école peut et doit garantir l’égalité des chances dans ce quartier.

Le maintien d’une classe est la seule réponse pour ne pas voir la multiplication des classes à multiples niveaux et les sureffectifs.

L’école est le premier rempart contre bien des obscurantismes que nous ne pouvons pas ignorer ; elle est le lieu de l’apprentissage du vivre ensemble, condition essentielle pour ne pas dire préalable à l’épanouissement de la citoyenneté. Alors que les parents d’élèves s’inquiètent déjà de la multiplication des incivilités, la fermeture d’une classe n’est pas la solution.

 

En outre, on peut s’interroger sur les conditions de travail de la nouvelle équipe pédagogique pour la prochaine rentrée scolaire. Monsieur le Recteur nous informe qu’ "un poste relavant du dispositif « Plus de maîtres que de classe » est créé " et que le nouveau directeur sera accompagné par l’IEN dans sa future prise de fonction. Or cette solution ne contribuera pas à réduire le nombre d’élèves par classe ni les structures à double niveau. En outre, en refusant le moratoire sur la suppression de la classe, comment accepter de nouvelles inscriptions scolaires… le serpent se mord la queue.

Courrier Inspectrice d'Académie.

Courrier Recteur d'Académie.

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