Conserverie de Bergerac : que D'Aucy rende des comptes

Publié le par Fabien Ruet

Conserverie de Bergerac : que D'Aucy rende des comptes

Comme je vous l’annonçais, le 10 avril dernier, la conserverie de Bergerac est menacée de disparition. Aussi, il me semblait légitime et nécessaire d’être aux côtés des salariés qui organisaient une première marche hier matin à Bergerac. Si une table ronde est organisée le 18 mai prochain, il est également temps que les élus locaux du Bergeracois réclament des comptes au groupe D’Aucy pour lequel nous fumes appelés à voter et soutenir le Plan Local de Revitalisation, faisant suite au démantèlement du site militaire de l’ESCAT. La promesse d’avenir était tentante : près de 80 emplois allaient être créés, moyennant quoi les collectivités et les contribuables mettaient la main à la poche. Les conditions d’installation de D’Aucy étaient avantageuses ; elles le sont encore. Des contreparties sociales étaient pour le moins exigibles, d’autant que le groupe agroalimentaire présentait quelques zones d’ombre quant à la sincérité de sa démarche.

 

La conserverie de Bergerac est une entité économique indispensable dans le paysage agro-alimentaire de notre bassin de vie. Outre le débouché qu’elle offre à de multiples agriculteurs, elle joue aussi le rôle de véritable amortisseur social en offrant des emplois de saisonniers à plus d’une centaine de personnes, chaque année. En investissant le site de l’ESCAT et en reprenant la conserverie, le groupe D’Aucy s’était engagé à développer l’emploi. En réalité, nous ne sommes pas loin d’un jeu de dupes où les emplois annoncés n’étaient que des écritures comptables liées à des redéploiements internes. Qui se souvient de l’unité d’étiquetage, à proximité des anciens établissements DEBEVER ? Les salariés furent reclassés sur le site de l’ESCAT ; pas de créations nettes d’emplois par le groupe D’Aucy. Et aujourd’hui ? Encore des reclassements proposés aux salariés de la conserverie moyennant le non renouvellement des contractuels qui travaillaient déjà sur la plateforme de l’ESCAT. Demain, nous assisterons au démantèlement de machines du site de la conserverie, sans doute selon le procédé du déménagement en catimini, pour équiper un autre site de production du groupe.


Ne nous y trompons pas. Le groupe D’Aucy démantèle complètement la conserverie. Le plan social n’et que le prélude à une fermeture définitive. Nous sommes au royaume du cynisme. Rappelons que l’activité haricot vert fut stoppée sur le site après que l’actionnaire ait imposé de nouvelles conditions de stérilisation qui firent s’effondrer la productivité de la chaine de production. Plus rentable, il ne restait qu’à la supprimer. Dès lors que les activités bergeracoises du groupe D’Aucy se réduiront qu’à une simple activité de stockage sur le site de l’ESCAT, aucune valeur ajoutée ne sera produite sur notre ville. Il ne restera plus au groupe que de se vendre au territoire le plus offrant, afin de stocker ses boites de conserves. C’est bien plus qu’une table ronde qu’il faudra organiser : c’est demander des comptes et se prémunir à l’avenir de tels comportements. Profiter de l’argent public, sous couvert de développement économique est une chose. Demander des contreparties sociales est un impératif économique et moral.

 

Commenter cet article