Quand le Maire de Bergerac veut privatiser l'abattoir dans le plus grand secret

Publié le par Fabien Ruet

Quand le Maire de Bergerac veut privatiser l'abattoir dans le plus grand secret

Il s’agissait sûrement de mon intervention la plus grave depuis deux ans que nous sommes dans l’opposition municipale. Pourtant, il devait s’agir d’une séance de Conseil, presque tranquille à en croire les élus de la majorité. Et pour cause, les dernières turpitudes du régime avaient bien été cachées : deux petites lignes de texte noyées dans un simple dossier donné pour information et concernant les décisions prises dans le cadre des délégations du Maire et des adjoints. « Convention d’assistance technique et juridique dans le cadre d’un projet de création d’une société d’exploitation de l’abattoir public de Bergerac entre la Ville de Bergerac et la SARL Point Virgule ». Mon attention fut attirée par le travail de préparation effectué avec les Bergeracois et en public, dans le cadre de la Maison citoyenne. En travail de groupe avec les collègues socialistes et apparentés, nos inquiétudes se confirmaient. Il nous fallait encore avoir accès au document puisqu'étrangément il n'étaient disponibles qu'à la consultation volontaire. Le Maire de Bergerac avait décidé de privatiser l’abattoir de Bergerac, sans en informer le Conseil. L'objectif était d’y travailler dans le plus grand secret pour des raisons sur lesquelles je reviendrai dans la semaine, et qui sont extrêmement graves.

 

Il s’agit de l’une des marques de fabrique de chaque mandat du Maire de Bergerac : privatiser les services publics. Garrigue 1 (1995-2001) avait privatisé les cantines scolaires. Garrigue 2 (2001-2008) avait privatisé les parkings. Garrigue 3 (2014-2020) privatisera l’abattoir. Les objectifs de la mission confiée à cette entreprise sont clairs :

 

  • Connaitre « les intentions des usagers actuels », sans doute pour mieux les sonder afin d’essayer de les intégrer au capital de la future structure,
  • « définir la structure d’exploitation la mieux adaptée » pour nous préparer à la mise en place d’une Société d’Economie Mixte à Opération Particulière (SEMOP) très en vogue aujourd’hui auprès des chantres du libéralisme économique,
  • « définir la liste des actionnaires », ce qui indique que les intentions sont bien de privatiser l’abattoir de Bergerac,
  • Et enfin, comme le coup de grâce, « évaluer les conditions juridiques et financières du transfert de l’exploitation de la collectivité vers les nouvelle structure » et « rédiger (…) le dossier de mise en concurrence en lien avec les services de la ville ».

 

La privatisation de l’abattoir de Bergerac est inacceptable. Le travail accompli par la Ville depuis 15 ans y est excellent et la structure est compétitive et rentable. C’est un coup porté aux intérêts de la Ville et à ceux des contribuables. C’est un coup de poignard dans le dos des éleveurs du Bergeracois et de la Dordogne, des usagers de cet abattoir qui sont confrontés à une crise de l’élevage sans précédent dans l’histoire de notre agriculture moderne. C'est aussi le meilleur moyen de se passer d'un outil adapté pour alimenter le circuit court et les besoins de la restauration collective. C’est un choix qui ne peut être motivé que par un souci de faire plaisir à quelques amis.

 

Si Daniel Garrigue se défend très mollement sur cette volonté de privatisation de l’abattoir, c’est que les conditions de passation de ce marché avec cette société privée sont opaques. Des complicités au plus haut niveau de la ville ont été nécessaires pour que cette décision soit préparée dans le plus grand secret. Nous sommes très certainement aux prémices d’une affaire qui fera couler beaucoup d’encre et sur laquelle je reviendrai dans la semaine car vous devez connaître la vérité.

Quand le Maire de Bergerac veut privatiser l'abattoir dans le plus grand secret
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michel. v 21/03/2016 17:46

toujours frapper dans le dos de ces concitoyens est une habitude du moment qu'ils mettent la main au portefeuille, un abattoir qui fonctionne bien fais des envies, alors pourquoi se priver, il va être mis a prix au ras des paquerettes et après il deviendra certainement plus rentable donc abandonné par des repreneurs qui en retireront un joli pactole aux frais du contribuable bergeracois, nous avons déjà un très bon exemple avec la gestion des parkings, etc. etc........quand cela finira, on se pose la question.