Mépris de la Ville pour Cyrano à Bergerac

Publié le par Fabien Ruet

Mépris de la Ville pour Cyrano à Bergerac

C'est par un simple article de presse, très bon par ailleurs, que nous avons appris que le projet de Musée Cyrano était abandonné à Bergerac, par un énième saut d'humeur de son Maire. Au delà des simples questions de méthode et sur la place du débat au sein de la municipalité, cette décision est un nouveau rendez-vous manqué qui contribuera à nous faire prendre un peu plus de retard en matière de développement touristique et économique. Je rappelle que mon équipe avait défendu ce projet à l'occasion des dernières élections départementales. A l'époque, même nos concurrents et protégés du Maire s'étaient également engagés en faveur du projet. Mais un an après, sans doute soucieux de leur propre carrière politique, nous les retrouvons bien aphones. N'en déplaise à certains, ce n'est pas mon cas. Je ne sacrifierai pas mes projets pour un plat de lentille. Cyrano à Bergerac est notre seule voie de développement économique et touristique entre deux pôles majeurs que sont SAINT EMILION et LASCAUX. Ne pas le comprendre est faire preuve d'amateurisme. Il y en a ras le bol de ces discours pseudos populistes qui crient aux intellos dès qu'il est question d'un peu de culture et surtout de la démocratiser.

 

Pour ma part, je vous rappelle que j'ai défendu ce projet depuis le Conseil Communautaire de Bouniagues, le 11 mai 2010. La Communauté de communes de Bergerac Pourpre avait voté une participation financière pour la réalisation d’une étude quant à un projet de « Musée Cyrano », à Bergerac. J'avais soutenu l'idée de capitaliser sur l’image du héros d’Edmond Rostand. Nous réfléchissions à accompagner le Conseil Interprofessionnel des Vins de la Région de Bergerac (C.I.V.R.B.) pour reconvertir le site du cloître des Récollets, pour jeter les bases durables d’une diversification économique du Bergeracois par le tourisme. Il nous fallait une locomotive pour susciter l’intérêt du grand public et parvenir à sédentariser davantage le tourisme de passage. La bataille de la nuitée hôtelière est un enjeu de la stratégie bergeracoise, depuis plus de trente ans. Le projet de Musée Cyrano, très grand public, serait devenu un point de départ pour un tourisme familial en bergeracois, une vitrine entraînant le visiteur à la découverte de notre patrimoine.

 

Avec l’image de Cyrano, le bergeracois dispose d’une attractivité incomparable. Au-delà de l’image de marque, nous devons saluer le formidable cadeau légué par Edmond Rostand. Son personnage est connu dans le monde entier, symbole du panache à la Française, mythe de la littérature mondiale aux cotés de Don Quijote ou d’Hamlet. Même si ce héros n’a plus rien à voir avec sa source d’inspiration, Bergerac aurait eu tort de nourrir quelques scrupules à l’égard d’Hercule Savinien de Cyrano. Ce dernier avait cultivé, à sa manière, l’ambiguïté à l’égard de notre ville puisqu’il attendra d’avoir rejoint les Cadets de Gascogne pour prendre le nom de Bergerac : en référence, certes, à une terre possédée par sa famille dans la vallée de Chevreuse mais aussi pour un nom plus évocateur et plus gascon. D’autre part, il est amusant de se replonger avec Rostand dans ce Paris littéraire de la fin du 19ème siècle. Nous y retrouvons d’illustres Bergeracois côtoyant Sarah Bernhardt ou Constant Coquelin, le premier Cyrano sur les planches : de Mounet Sully le grand tragédien, à Samuel Pozzi, le père de la gynécologie en France. Autres grands oubliés de la mémoire de notre ville. Aujourd’hui, les Bergeracois ne nous ont pas attendu pour s’approprier le personnage de Cyrano. Plus d’une quinzaine d’activités économiques porte son nom. Que dire également de cette mode des municipalités bergeracoises à nous livrer une statue du mythe, à chaque changement de mandature? Voilà que le maire veut lancer un concours de statues pour orner toute la ville.

 

L'attachement populaire au personnage de Cyrano mérite d’être exploité et rationalisé pour éviter toute dérive mercantile. L’idée d’un grand espace Cyrano à Bergerac est dans l’air du temps depuis de nombreuses années, mais elle ne peut souffrir de médiocrité à l’image de son sujet. Il fallait fédérer les nombreuses initiatives qui accompagnaient le projet. Comment ne pas évoquer la collection du regretté Jean Louis Leclair ? Elle constitue à elle seule un cabinet de curiosités. Mais nous nous devions également de saluer les efforts considérables de Thomas Sertillanges, ancien journaliste de France Inter, pour populariser l’idée de ce musée. Il est l’instigateur des amis du Musée Cyrano de Bergerac. Je refuse qu'il soit traité avec mépris par la municipalité car il est le meilleur ambassadeur pour cette ville, pour ce projet et pourquoi pas pour prendre la tête d'une sorte de fondation qui aurait pu collecter des fonds via le mécénat. Mais d'esprit, oh le plus lamentable des êtres, vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres...

Mépris de la Ville pour Cyrano à Bergerac

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A.D.V.B. 05/03/2016 10:14

Les AMIS DE LA DORDOGNE regrettent enormement cet abandon .Il me semble qu avant de jeter l eponge CYRANO merite que les personnes de tous bords :politique associatif morales et ou physiques se mettent autour d une table se parlent .Nous sommes partie prenante.La presidente F.CHAZEAU-PARIS