Massacre à la tronçonneuse à Bergerac

Publié le par Fabien Ruet

Massacre à la tronçonneuse à Bergerac

Ils étaient beaux, majestueux, … Ils offraient une touche de verdure en Centre-ville et un havre de fraicheur l’été. Les magnolias qui longeaient l’immeuble Bellegarde, au départ de la rue Saint esprit, avaient aussi le mérite d’atténuer l’impact visuel d’une architecture un peu trop fonctionnaliste parce que dédiée à un parking aérien. Naturellement, un arbre en ville pose quelques problèmes de cohabitation avec les différents usages de l’espace public. En l’occurrence, les racines non maitrisées avaient fini par déchausser un grand nombre de pavés autobloquants. Etait-ce une raison suffisante pour les abattre, au mépris des règles élémentaires de concertation ? Le maire coupe d’abord et réfléchit ensuite. La sécurité du piéton était-elle la seule préoccupation du Premier magistrat ? Et si les intérêts de la SAGS, société gestionnaire des parkings, n’étaient pas étrangers à cette précipitation de la tronçonneuse municipale ?

 

La place de l’arbre en ville n’est pas une question évidente à traiter. Elle fait l’objet de multiples questionnements et s’inscrit, normalement, dans une démarche de démocratie participative avec les citoyens, dans le cadre de la commission extra-municipale du patrimoine végétal. Cette question est désormais au cœur des missions municipales, dans le cadre de la recomposition des compétences avec les intercommunalités. Il faut aussi la traiter avec d’autant plus d’application qu’elle contribue à alimenter l’agenda 21. Confrontée à la demande d’usagers à l’encontre des magnolias de Bellegarde, la commission extra-municipale du patrimoine végétal a été sollicitée. Elle a émis un avis négatif à la demande d’abatage. Elle invitait donc la municipalité à trouver d’autres solutions. Le maire n’a rien écouté, comme à son habitude.

 

Face à des arbres qui posent des problèmes de sécurité, l’attitude du siècle dernier était de couper. C’était celle de la facilité. A l’inverse, je considère que l’aménagement urbain doit être source de solution. Comme adjoint au maire, délégué à l’urbanisme, j’ai été confronté à ce genre de questions. Je me souviens d’une demande d’abatage des arbres qui jouxtaient la banque Tarneaud, place de la République. Avec Christian SAUBADU, délégué aux espaces verts, une autre solution fut trouvée pour permettre l’accessibilité du bâtiment. Aujourd’hui, une rampe a été installée et les arbres sont sauvés. L’arbre en ville est un bien précieux, il nous rappelle un rapport au temps qui n’est pas celui de nos mandats, qui dépasse parfois notre propre espérance de vie. Sauver un arbre en ville, c’est aussi transmettre du patrimoine à nos enfants.

 

En faisant abattre les magnolias de Bellegarde, Daniel Garrigue a méprisé (encore une fois) la commission du patrimoine végétal. La création de sentiers piétons était une solution. Elle aurait impliqué un peu d’ingénierie de la part des services et de rehausser le niveau du trottoir. Cette précipitation à sortir la tronçonneuse rejoint en fait une vieille revendication de SAGS. La société gestionnaire des parkings réclamait depuis longtemps plus de visibilité pour l’entrée du parking Bellegarde. Avec le diktat du Maire, c’est désormais gagné. Mais rassurons-nous, de nouvelles plantations viendront remplacer les magnolias sacrifiés. Tout en veillant à ce que les intérêts de SAGS soient préservés.

Pour se souvenir des magnolias de Bellegarde avant la tronçonneuse (source google-maps)

Pour se souvenir des magnolias de Bellegarde avant la tronçonneuse (source google-maps)

Quant au système de défense de la mairie et à la décision unilatérale du Maire, elle est bien légère pour justifier la coupe des magnolias.

Quant au système de défense de la mairie et à la décision unilatérale du Maire, elle est bien légère pour justifier la coupe des magnolias.

Le résultat final : une entrèe de parking bien visible

Le résultat final : une entrèe de parking bien visible

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anonyme 07/03/2016 23:47

dommage vraiment dommage.