Il faut promouvoir l'abattoir de Bergerac

Publié le par Fabien Ruet

Il faut promouvoir l'abattoir de Bergerac

Comme un contre écho à l’actualité marquée par la crise de l’élevage et un cas de mal-traitance animale dans le Gard, l’abattoir municipal de Bergerac est un atout considérable pour notre économie locale. Un excellent travail y est accompli et les résultats économiques sont au rendez-vous. La preuve en est qu’une régie publique fonctionne mieux que le privé. C’est aussi la reconnaissance du bien-fondé d’un travail collectif mené, sans discontinuité, par nos municipalités successives. Il faut rendre hommage au choix des investissements impulsés par Roger CIPIERE et à la stratégie de diversification des activités privilégiée avec succès par François CHOUET pour ne plus dépendre que du seul porc. Au regard de ses bons résultats, il est très important que la municipalité actuelle profite de ces acquis pour promouvoir cet outil. L’abattoir est une réponse adaptée aux besoins en circuits courts, tant du point de vue agricole que des consommateurs. C’est en cela que je plaide pour que la direction actuelle de l’abattoir soit épaulée par une sorte de VRP dédié à le promouvoir davantage et à lui faire gagner des parts de marchés.

Plaidoyer pour le caractère public de l’abattoir. Un abattoir public est une réponse utile à la crise que traversent nos éleveurs. Sans lui, c’est le monopole des entreprises privées et la dépendance des éleveurs vis-à-vis des intégrateurs et de l’industrie agro-alimentaire. L’abattoir public de Bergerac offre la garantie de prestations de qualité, au juste prix, qui permet à l’éleveur de conserver un maximum de valeur ajoutée au cœur de son exploitation. Nous devons collectivement nous battre pour faire connaître l’abattoir de Bergerac. Il faut faire comprendre aux éleveurs qu’ils seront plus indépendants dans leurs activités et plus autonomes quant à la commercialisation de leurs viandes.

Un acteur économique ignoré. L’abattoir public de Bergerac ne doit pas être ignoré des professionnels de l’économie dans la région. De par ses bons résultats et son importance en matière de volumes, il doit être au cœur des préoccupations, y compris des chambres consulaires. Son statut public ne doit pas être regardé avec idéologie (je dis cela pour ceux qui me taxeraient d’être du 19ème siècle). Je trouve dommage qu'il n’ait pas pu être intégré dans le cadre du Pôle d’Excellence Rurale du cuir. Nous savons que des entreprises comme HERMES ont besoin de cuirs de qualité. A Bergerac, nous disposons d’un arracheur parfaitement adapté et de toute nouvelle génération. Il n’est pas normal que des fonds publics d’un Pôle d’Excellence Rural ne profitent qu’à des entreprises privées. Tout euro investi à l’abattoir de Bergerac profite aux éleveurs. Le pire est que, dans le cas présent, nous ne demandions même pas de fonds publics. Il nous suffisait de pouvoir profiter des possibles débouchés pour les tanneries retenues par le projet.

Parce que je refuse de m’enfermer dans la stricte posture de l’opposant à la municipalité, je souhaite faire la proposition suivante. Nous avons la chance de disposer d’un directeur qui mène un excellent travail avec des qualités de management non négligeables et adaptées à un milieu professionnel difficile. Notre statut public ne doit pas nous conduire à ignorer les logiques de la concurrence. Un VRP, même à temps partiel, permettrait de démarcher de nouveaux clients, de trouver de nouveaux débouchés. L’élevage est en crise. La filière lait se désintègre et le cheptel de vaches vouées à la réforme pour être destinées à la fabrication du steak haché diminue. Les grands groupes chercheront de nouvelles sources de matière première au point de concurrencer les débouchés autour des vaches à viande. Notre abattoir doit réagir, pour que nos investissements n’aient pas été vains, pour que nous défendions le droit à l’avenir de nos éleveurs.

Publié dans Economie, Bergerac

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