Echanges avec Daniel GARRIGUE autour du musée Cyrano

Publié le par Fabien Ruet

Echanges avec Daniel GARRIGUE autour du musée Cyrano

Le débat a fini par avoir lieu. Hier soir, alors que le Président Christian REGNIER (notre photo) tirait sa révérence, je me suis rendu à l’assemblée générale de l’association Cyrano à Bergerac avec la ferme intention d’infléchir le Maire dans sa décision d’enterrer le projet d’un espace grand public dédié à Cyrano et à son imaginaire. Il faut reconnaître à son adversaire le courage d’être venu lui-même défendre sa prise de position un peu intempestive et de m’avoir partiellement écouté. Retour donc sur cette soirée à fleurets mouchetés, où Daniel GARRIGUE finissait par accepter l’idée d’un tour de table pour avancer sur ce dossier.

 

Mon désaccord avec le Maire de Bergerac. Daniel GARRIGUE ne croit pas en l’idée d’un musée. Il me semble que son appréhension du dossier est trop marquée par une conception passéiste de ce qu’est aujourd’hui la réalité d’un espace dédié à un héros de la littérature. Sa crispation autour du devenir de la collection de Monsieur SERTILLANGES vient du fait qu’il la considérait comme insuffisante pour être livrée au public, en l’état. Or, cette collection n’est qu’une première étape pour constituer un fonds destiné à s’agrandir et à être ensuite mis en scène pour être muséographié. Il faut trouver une solution juridique et financière pour ne pas laisser passer cette première occasion, au risque de la voir partir ailleurs. La configuration des espaces grands publics est aujourd’hui constituée d’une réalité augmentée, où les nouvelles technologies (vidéo, liens internet,...) jouent une place prépondérante. Si Daniel GARRIGUE est attaché au spectacle vivant, ses propositions ne dépassent pas l’ambition d’une animation pour foires et marchés. Cyrano doit faire le lien entre un espace muséal et des représentations théâtrales. C’est le concept du dedans-dehors que j’ai longuement défendu dans ce blog et que j’ai tenté d’insuffler à nos musées lorsque j’en avais la responsabilité. Le maire de Bergerac doit dépasser le cadre de l’espérance de vie de son propre mandat électoral. Ce que nous préparons aujourd’hui ne produira ses premiers fruits que dans une dizaine d’années.

 

La Ville de Bergerac doit s’emparer du dossier. A l’inverse du Maire de Bergerac, je me suis efforcé de faire prévaloir la nécessité pour la Ville de Bergerac de s’emparer de ce dossier. Elle doit être le porteur de projet indispensable pour que les différentes collectivités et partenaires financiers puissent s’y agréger. Je balaye d’un revers de main la sempiternelle opposition avec la Communauté d’Agglomération. Cette dernière est là pour accompagner ses communes membres à développer leurs projets. Sans volonté initiale de Bergerac, on ne peut rien attendre d’elle. Rappelons d’ailleurs que si les équipements culturels comme les musées lui ont été transférés, la Ville reste propriétaire des collections et peut conserver un rôle d’impulsion. Pour avoir rencontré le directeur de cabinet du Président de la Région, des directeurs généraux du Conseil départemental et des responsables de la CAB, la réponse fut toujours la même. Le projet est intéressant mais il faut un porteur de projet identifié.

 

L’enjeu touristique pour notre économie. A l’occasion de l’assemblée générale, je me suis efforcé de faire comprendre au Maire de Bergerac que l’ambition de la Ville devait être plus forte que celle d’organiser des animations destinées à notre seule distraction. Nos territoires sont en concurrence et Bergerac se retrouve à mi-chemin entre des mastodontes du tourisme international : Bordeaux et sa cité mondiale du Vin, Saint Emilion et Lascaux IV. Avons-nous financé un aéroport simplement pour voir passer des touristes qui ne s’arrêteront jamais chez nous ? Nous avons besoin de devenir un site de référence, pour gagner en développement économique. Le tourisme est le seul secteur où il nous reste des marges de manœuvres considérables.

 

A nous de nous en saisir et d’avoir une ambition qui dépasse nos seules personnes.

Echanges avec Daniel GARRIGUE autour du musée Cyrano
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Odilon 10/03/2016 12:46

Bravo et bien dit, en effet on travaille pour l'avenir et non le court terme, car à terme Bergerac ne sera plus qu'un simple arrêt touristique sans plus alors que les visiteurs sont friands de patrimoine mais à la sauce moderne.....pardon
On continue car il ne faut pas baisser les bras......
Amitiés du Héron Érudit...of cause......