Commerces à Bergerac : échec municipal en trompe-l'oeil

Publié le par Fabien Ruet

Commerces à Bergerac : échec municipal en trompe-l'oeil

Un excellent article du journal l’Echo, ce matin, vient apporter une dernière illustration à une réaction que je voulais partager avec vous. Depuis quelques jours, la municipalité de Bergerac se livre à une campagne de communication, presque grandiloquente, autour de la mise en place de vitrophanies sur les vitrines des commerces abandonnés du Centre-ville. Depuis plus de deux ans, nous sommes en désaccords sur la politique à mettre en œuvre pour redynamiser le commerce de centre-ville, pour travailler à l’attractivité de ce quartier. Dès lors, cette sur-communication autour de trompes-l ‘œil est non seulement destinée à masquer la déshérence du centre-ville mais également l’échec de la politique municipale en la matière.

 

Les visuels affichés sur les vitrines. Ne nous attardons pas trop sur des détails. Ces vitrophanies (technique qui consiste à coller des visuels sur des vitrines) sont jolies esthétiquement. Mais, comme me le faisaient remarquer des bergeracois sur le marché : « c’est quand même du cache-misère ». Remarquons d’ailleurs que l’argent du contribuable sert à embellir des propriétés privées puisque la charge de ces supports et de sa pose est entièrement supportée par la Ville de Bergerac. Avec de tels raisonnements, j’ai bon espoir que la municipalité finisse par prendre en charge la totalité des ravalements de façade. Trêve d’ironie et concentrons-nous sur les difficultés du centre-ville.

 

Les cache-misères municipales. Les commerces abandonnés en Centre-ville sont le signe de l’ampleur d’une crise d’attractivité de ce secteur de Bergerac. Je reviendrai, dans une autre publication, sur la nécessité du Cinéma en Centre-ville. Il n’en demeure pas moins que depuis deux ans, aucune action structurante n’est menée pour favoriser l’attractivité d’un centre-ville. Ce dernier est plombé par l’abandon du stationnement payant à une société privée.

L’aménagement urbain est important pour favoriser la notion de déambulation plaisir ; il n’est pas suffisant. Rappelons que la rénovation de la rue de la Résistance était l’une des étapes indispensables comme préalable à ce renouveau. Le dossier des nouvelles galeries traine à nouveau. Et surtout, comme je l’ai indiqué en Conseil municipal, la nouvelle municipalité a abandonné toute politique sur les baux commerciaux. Les commerçants se plaignent du coût prohibitif des loyers proposés en Centre-ville. La municipalité peut faire quelque-chose. Nous avions mis en place le droit de préemption sur les baux commerciaux afin de disposer d’un véritable observatoire du commerce local. J’avais souhaité profiter de l’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat pour que notre société d’économie mixte investisse sur des immeubles abandonnés en centre-ville. Ainsi, nous aurions remis dans le circuit des loyers commerciaux plus conformes aux réalités du marché avec des locaux adaptés. Tout était prêt. Tout a été abandonné au profit d’un projet d’immeuble caprice rue saint Michel.

 

Force est de constater que le Maire, notamment, n’entend rien à cette politique et se contente de recouvrir les vitrines de belles images. Cette politique d’illusionniste est destinée à nous faire croire que la crise du Centre-ville est une fatalité. Non. Rien n’est plus faux ; les moyens existent et nous pouvons y réussir bien au-delà de simples autocollants payés par les contribuables. Ah oui, j’oubliais un détail. Ces vitrophanies sont aussi illégales au regard du Règlement Local de Publicité.

Commerces à Bergerac : échec municipal en trompe-l'oeil

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