Un peu de lecture pour les vacances

Publié le par Fabien Ruet

Un peu de lecture pour les vacances

Encore une bande dessinée ? Non, bien plus que cela. Je vous invite à découvrir un livre indispensable. Tout commence par un titre, comme la promesse d’une Douce France, pour reprendre le refrain d’une chanson de Charles Trenet. Mais l'écho de ce Cher pays de notre enfance n’est pas qu'un doux souvenir de jeunesse échappé du transistor familial. Il devient un réquisitoire implacable mais salvateur contre les affres des coulisses occultes du pouvoir gaulliste. La mélodie s’enraye comme un vieux 33 tours rayé. La raison d’Etat, cette excuse trop facile des capitulards de l'amoralité politique, devient prétexte au refus de l’alternance ; un minuscule grain de sable obstrue le sillon et fait déraper le saphir. La couverture de ce livre annonce déjà son lot de révélations ou de confirmations quant aux souillures indélébiles sur un pouvoir qui se croyait tout permis : un portrait officiel du général de Gaulle, premier Président d'une Cinquième République déjà contestée, marqué au sceau du sang des victimes que l’Histoire officielle voudrait faire oublier.

 

Il n’est jamais recommandé de commencer un ouvrage par la fin. Mais pour une fois, je vous invite à débuter la lecture par la postface que Roberto SCARPINATO consacre à ce livre. Le procureur général auprès du parquet de Milan y établit un parallèle saisissant entre les années de plomb italiennes et les années sombres de la Cinquième République ; la face sombre du gaullisme de gouvernement qui entachera à jamais la cinquième République. L’affaire est dans le « SAC ». Benoit COLLOMBAT, grand reporteur et Etienne DAVODEAU, dessinateur; nous entrainent dans ces coulisses pour comprendre l'incontrolable dérive du Service d’Action Civique. des portes s'ouvrent, d'autres restent ostensiblement fermées. L’assassinat du Juge Renaud, la mort provoquée de Robert Boulin et la tuerie d’Auriol : trois évènements comme trois parties qui structurent cet ouvrage à travers une enquête implacable au service d’une certaine idée de la France et pour permettre à l’Histoire de passer, enfin, faute d'obtenir justice.

 

Benoit COLLOMBAT et Etienne DAVODEAU, Cher Pays de notre enfance, Futuropolis

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