Le mirador du marché couvert

Publié le par Fabien Ruet

Le mirador du marché couvert

L’opposition municipale sert-elle à quelque chose ? Sommes-nous seulement présents pour faire de la figuration et légitimer un semblant de démocratie ? Souvent, les débats sont parfaitement balisés. Les prises de position des uns et des autres, à la limite de la caricature, sont presque connues à l’avance. Quant à la majorité municipale, dès lors que le Maire a décidé, son suivisme lui tient lieu de ligne politique. Et puis, il suffit d’un rien, de ce petit grain de poussière qui fait dérailler une machine un peu trop huilée. C’est ce qui est arrivé avec le projet d’ascenseur extérieur sur la façade de l’ancien immeuble d’EPSECO, place du Marché couvert. Un projet de décision, en apparence anodin, entraine le dérapage de l’équipe municipale sous les coups de butoir des salves de notre opposition.

Disons-le de suite, le projet de cité du numérique est un bon projet pour recréer de l’activité et de l’animation en Centre-ville. L’immeuble en cause avait été déserté depuis le départ des étudiants pour le pôle universitaire de la route d’Eymet. Ce nouveau projet privé est donc une « bénédiction » pour permettre au quartier du Marché Couvert de retrouver du dynamisme tout au long de l’année. La loi sur l’accessibilité est également une excellente chose car, malgré les multiples difficultés techniques, elle permet d’améliorer à la fois l’autonomie des personnes à mobilité réduite comme les conditions de vie de tout un chacun. Mais parfois, la précipitation conduit à prendre des décisions hâtives. Il est vrai que l’immeuble incriminé ne se distingue pas par ses qualités architecturales remarquables. Nous pouvons même dire qu’il vaut mieux y être dedans pour ne plus en subir la vue. Mais revenons au projet d’ascenseur extérieur. Une verrue sur un furoncle n’en fera jamais un premier prix de beauté. Ainsi pour ne pas retarder le projet et alors même que le permis d’aménager n’avait pas été déposé, le maire acceptait rapidement de déclasser une partie du domaine public sur le trottoir jouxtant l’immeuble afin d’y installer une cage d’ascenseur. Adieu la belle perspective sur l’arche du passage Bobinski et sa façade pignon. Un véritable mirador anéantissait la vue et réduisait à néant tout projet de valorisation future de cet espace. En concertation préalable avec mes collègues de l’opposition, je menais donc la charge en demandant au maire de retirer cette décision pour se donner le temps d’étudier toute solution alternative pour implanter cet ascenseur. Dominique ROUSSEAU rappelait notre attachement au projet de cité du numérique mais avouait que ce projet d’ascenseur extérieur n’était pas adapté. De son côté, des membres de la majorité municipale finissaient par s’agiter. Afin d’éviter que l’esprit de fronde ne vint à souffler trop fort dans les rangs de son équipe, le maire finissait par retirer son projet de délibération.

Ainsi, même si parfois je dois bien avouer que les fonctions de conseiller municipal d’opposition sont sources de bien des frustrations, cette expression de la différence légitime peut être source de sagesse collective. J’ai la chance d’avoir connu aussi les rangs de la majorité municipale et je sais bien que, sans opposition, le risque est grand de se laisser aller à la précipitation et à la facilité. Le recul du Maire sur le projet de mirador du marché couvert est une bonne chose pour la préservation de notre patrimoine et de notre cadre de vie. Quant au projet de cité du numérique, en cœur de ville, il reste une formidable opportunité de dynamisation de notre centre-ville, dans un immeuble adapté aux exigences de la collectivité. A suivre donc, si la bataille est gagnée…

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