Le maire sacrifie les contrats d'avenir

Publié le par Fabien Ruet

Le maire sacrifie les contrats d'avenir

Il existe différente manière d’appréhender sa mission de Conseiller municipal. Disons que je rejette celle qui consiste à faire des pitreries pour attirer l’attention de l’auditoire et/ou satisfaire sa soif personnelle d’exister. C’est particulièrement inapproprié quand un si grand nombre de nos concitoyens souffre de la crise au quotidien. Je m’efforce de me concentrer sur le fond des dossiers, d’exprimer une différence légitime, me faire le porte-parole de celles et ceux qui ne parviennent pas à l’expression publique. A ce titre, le travail d’ouverture et de démocratie participative que nous menons dans le cadre de la maison citoyenne est riche d’enseignements. A l’occasion du débat sur le recrutement annuel d’agents non titulaires saisonniers au sein de la Ville de Bergerac, j’ai souhaité attiré l’attention du Conseil sur le sort des Contrats d’Avenir au sein de notre collectivité. Voilà des contrats qui, les uns après les autres ne sont pas renouvelés. Beaucoup de ces jeunes m’ont contacté. Ils sont désabusés. Comment peuvent-ils avoir confiance en la parole publique alors qu’une équipe municipale leur donne une chance et qu’une autre préfère les sacrifier ?

 

L’avenir sacrifié de dizaines de jeunes. Je trouve particulièrement injuste que des jeunes soient sacrifiés dans leurs projets professionnels par la Ville de Bergerac. Daniel Garrigue me répond qu’il est contraint de faire des choix. Dois-je lui rétorquer que je trouve anormal de sacrifier l’emploi des jeunes à la Mairie, alors qu’il a choisi de recruter temporairement un retraité et a décidé d’embauches dans les centres sociaux de manière très personnelle ? Le maire de Bergerac, alors qu’il était dans l’opposition, nous reprochait de ne pas assez recruter de contrats d’avenir pour les jeunes Bergeracois. Il décide aujourd’hui de ne pas les renouveler, les uns après les autres. Tous font pourtant l’unanimité de leurs chefs de services. 4 d’entre eux quitteront le service des espaces verts à la fin du mois, alors que nous sommes en plein pic d’activité. Mais il en faudrait plus pour émouvoir la majorité municipale qui préfère recruter des saisonniers quitte « à répondre à un accroissement temporaire d’activité pour une période maximale de 12 mois sans renouvellement possible dans les 6 mois suivants ». Face à l’injustice du sacrifice des contrats d’avenir, je ne pouvais pas cautionner une telle politique des ressources humaines.

 

L’ineptie de la politique municipale des ressources humaines. Les contrats d’avenir ont été mis en place pour offrir une chance de retour à l’emploi pour la catégorie qui souffre le plus du chômage : les jeunes. Cette avancée politique est d’autant plus utile qu’elle permet d’anticiper le renouvellement des effectifs au sein d’une administration ou d’une entreprise. Elle donne du temps pour transmettre la connaissance des dossiers, la compétence technique. Ce dernier aspect est primordial au sein des services techniques, et singulièrement au sein des ateliers municipaux où le savoir-faire n’est plus à prouver. Les contrats d’avenir étaient une chance pour le sauvegarder et le transmettre. Ils permettaient à la collectivité de se préparer au renouvellement des générations qui est une vraie préoccupation des ressources humaines de la Ville de Bergerac. La pyramide des âges des personnels de la collectivité est très inquiétante. La part des 50 ans et plus augmente régulièrement. Ils étaient 38,7% en 2011, 46,5% en 2013 et frôleront les 50 % en 2016. Les contrats d’avenir sont donc une nécessité d’autant que si 3,12 % des salariés ont plus de 62 ans en 2014, ils seront 17 % en 2019. Les chiffres explosent.

 

Dans ces conditions, il n’était pas envisageable de cautionner l’emploi de saisonniers au moment où le maire décide de sacrifier les contrats d’avenir.

Commenter cet article