Cet audit qu'on ne fera jamais.

Publié le par Fabien Ruet

Cet audit qu'on ne fera jamais.

 

Lors de la dernière séance du Conseil municipal, la nouvelle équipe municipale entendait faire de la présentation de son audit financier un outil de propagande politique. Nous reviendrons plus en détails sur les échanges qui ont ponctué cette séance ; mais il me semble nécessaire de reprendre les propos introductifs de mon intervention en séance, pour parler de cet audit qu’aucune équipe municipale ne mènera sur le travail de ses prédécesseurs. Imaginez donc un audit qui permettrait de mesurer l’impact non seulement économique des décisions prises, mais qui également en déterminerait les impacts sociaux et environnementaux. Mieux encore, pensons un audit qui prendrait également le temps de mesurer le degré de partage des décisions avec la population. On parlerait de mesurer la gouvernance… Voilà une méthode que j’appelle de mes voeux quant à la politique de demain à la base d’un vrai contrat de confiance entre citoyens et politiques. Utopique ? Non de la volonté et un vrai effort de méthode. Prenons une illustration, si vous le voulez bien. Que serait, par exemple, une ligne budgétaire d’investissement pour des économies d’énergie ? A ne retenir que la méthode d’évaluation de la politique publique retenue par le nouvel ancien maire : une dépense de plus. Mais allons plus loin que cette analyse primaire. Quel a été l’impact écologique de cette décision ? Combien de dépenses de fonctionnement a-t-elle permis de réduire ? Quel travail a-t-elle permis de créer ? Quel a été le processus mis en œuvre pour prendre cette décision ? Cette méthode, l’audit de la nouvelle municipalité n’en avait cure. Nous avons du nous contenter d’une approche purement comptable pour résumer ce que furent 6 passionnantes années de détermination au service des Bergeracois. Un simulacre de procès à charge mené par des financiers.

 

« Tout ça pour ça… », me suis-je presque exclamé à la fin de la présentation lénifiante du cabinet d’expertise lors de la dernière séance de Conseil Municipal. Cécile LABARTHE fut encore plus directe : « j’ai l’impression que c’est la même présentation que nous avions il y a six ans ». Ces audits se succèdent et se ressemblent. Je constate, simplement, que nous n’avions pas été dans l’excès lorsque nous avions réagi à la commande de cet audit. Nous le jugions inutile. Il est devenu un simple instrument de propagande. De simples et gratuites sollicitations des services financiers de la Mairie et/ou du Trésorier Payeur Général auraient été suffisantes, nous permettant d’économiser près de 9.000 euros. Mais, c’est le prix à payer pour donner à la nouvelle majorité le droit de prolonger la campagne électorale. Mais peine perdue, il n’y avait pas de surprises de dernière minute, pas de cadavres dans les placards. Pire encore pour ses instigateurs, bien des efforts avaient été engagés, lors du mandat écoulé. Sans doute, l’exercice était alors convenu. Pour instruire à charge, décision fut prise de modifier la présentation de l’audit entre celle qui me fut exposée en commission spéciale et celle qui fut livrée à la représentation communale. Tout ce qui pouvait être positif pour l’équipe précédente fut gommé. Tout ce qui pouvait être de l’ordre de l’héritage embarrassant des mandats précédents du nouvel ancien maire fut soigneusement passé sous silence.

 

Mais l’évaluation de la réussite d’une politique publique doit-elle être mesurée qu’à l’aune des critères de la performance économique ? Jacques Ellul, en d’autre temps et en des lieux bien éloignés d’une salle de Conseil Municipal, y aurait sans doute vu la marque de l’illusion politique. A Bergerac, il ne s’agissait que d’essayer de se doter d’un instrument de propagande politique, aux frais des contribuables. Et de je dois dire que le contenu du premier numéro de propagande municipale, le Bergerac Infos… me laisse perplexe quant aux intentions de la nouvelle équipe municipale. Ce faisant, même si pendant 6 ans, l’opposition de l’époque nous avait dénié toute légitimité, voir toute compétence, pour gérer cette ville, le fond de cet audit les prive de bien des tentations matamoresques quant à notre gestion. Et Nous y reviendrons en détails.

Commenter cet article

Wolff 01/07/2014 16:14

J'hésite à écrire dans ton blog, Fabien, car tu me censures systématiquement ou presque!... C'est de bonne guerre car je suis resté fidèle à F. Hollande alors que les conseillers généraux de Dordogne, refusant de scier la branche sur laquelle ils sont assis et bien indemnisés, mettent les bâtons dans les roues du duo Valls/Hollande! Mais que voulez vous à défendre un Conseil Général qui est usé, qui, souvent entretient un bon nombre de fonctionnaires territoriaux comme le font les communes, les diverses communautés d'agglo et de communes... La France et les impôts des français ne supporteront plus toutes ces charges! Je suis parfaitement tout à fait d'accord avec toi sur ce que tu développe dans ton article et la référence à J. Ellul me convient parfaitement.
G. WOLFF, socialiste lindois.