Bergerac, ville pauvre d'Aquitaine

Publié le par Fabien Ruet

Bergerac, ville pauvre d'Aquitaine

Malheureusement, Bergerac est confirmée dans son statut peu enviable de ville défavorisée. La nouvelle carte de la pauvreté en France a été publiée par le ministère de la Ville. Notre commune y est maintenue. C’est un mauvais indicateur d’une dynamique régionale à deux vitesses entre la façade atlantique et l’intérieur aquitain. Mais c’est également un signal bien modestement réconfortant que le gouvernement ne nous sacrifie pas au titre de la politique de la ville (compétence transférée à la Communauté d’Agglomération Bergeracoise).

 

Au cœur du couloir de la pauvreté. J’ai souvent l’habitude de rappeler que Bergerac a un PIB / habitant comparable à celui de la Ville de Lens, avant l’arrivée du Louvres. Cette réalité économique nous place, depuis de nombreuses années, au cœur du couloir de la pauvreté du Sud Ouest. Il est identifié par l’INSEE, et court du Médoc à Agen. Cette tendance topographique lourde est confirmée par le présent classement du Ministère de la Ville puisque Villeneuve sur Lot fait son entrée dans ce classement des villes les plus pauvres de France. Pour ce qui nous concerne, nous avons beaucoup souffert du démantèlement du complexe militaro industriel. Près de 20 % des moins de 65 ans sont attributaires du Revenu de Solidarité Active. Pas plus de 45 % des foyers fiscaux sont imposables. Et surtout, cette triste réalité : près de 45 % de notre population a un niveau de scolarisation inférieur ou égal au BEP.

 

Et demain, avec la fin du Département ? Le ministère de la Ville a donc confirmé le maintien de Bergerac dans les 700 villes dont les quartiers doivent bénéficier des aides spécifiques de l’Etat. Seul le revenu des habitants a dicté le choix du gouvernement. C’est ainsi que Bergerac figure au statut peu enviable des communes où plus de la moitié de la population vit avec moins de 937 euros par mois. C’est la réalité d’une France à deux vitesses, et par voie de conséquence d’un territoire qui n’a rien à attendre de la réforme territoriale.  Si elle devait être menée à terme et en l’état, la fin des Départements priverait le bergeracois d’un véritable amortisseur social. L’aggravation de la régionalisation ne peut conduire qu’à un décrochage d’autant plus fort de notre territoire que le couloir de la pauvreté en Aquitaine correspond déjà aux parties les moins atlantiques et les plus excentrées des dynamiques régionales.

 

Le rôle de la politique de la ville. Ce faisant, comme une touche un peu plus positive, le maintien de Bergerac  dans cette classification nous permet de poursuivre bien des efforts engagés au titre de la politique de la ville (à ne pas confondre avec une politique de la municipalité). La politique de la ville, compétence de la Communauté d’Agglomération, doit permettre à chacun, en ville, d'avoir accès à l'éducation, à la culture, à la santé... Après des années de débats politiciens focalisés sur l'opposition entre prévention et répression, la politique de la ville reste une réponse concrète et pertinente. Elle est fondée sur notre idéal républicain et s'adresse aux jeunes comme aux moins jeunes de tous les quartiers, sans aucune discrimination. Elle dépasse largement le cadre des seules politiques sociales et trouve des ramifications aussi importantes que les choix urbains de la ville en faveur de la reconquête de l'espace public.  C’est cette orientation politique claire qui nous avait permis de réorienter le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (Cucs) dans une dynamique au service de la ville dans son ensemble, grâce au travail persévérant de Corine AUBINEAU.

 

C’est, malheureusement, aussi cette politique très transversale que s’efforce de démanteler la nouvelle équipe municipale en remettant en cause l’éco quartier de Naillac, par exemple. Mais c’est un autre sujet et nous en reparlerons. 

 

Publié dans Bergerac, Logement

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didier 17/06/2014 23:49

Cher Fabien
Il va falloir faire avec la pauvreté économique,mais ce n'est pas seulement celle ci qui compte !!

Wolff 17/06/2014 17:39

Le président F. HOLLANDE a parfaitement raison de parler d'îlots de pauvreté dans des petites villes comme Bergerac, Agen, Villeneuve... Des calculs plus justes permettent désormais d'affiner ces "couloirs de la pauvreté". Rien à voir avec les couloirs du temps cinématographiques traversés par 2 acteurs quelque peu "sarkozistes!.
Je vois aussi que tu fais partie des défenseurs des Conseils généraux, mais quand Hollande veut mettre fin au mille feuilles gigantesque qui nos étouffera sans doute un jour ou l'autre, tu me permettras de de pas être d'accord avec toi car cela vise directement Valls et le Président... et cela j'ai du mal à voir des socialistes s'opposer à F. Hollande.
Bien à toi.
G.Wolff.

Wolff 21/06/2014 17:36

Libre à toi mon cher Fabien d'affaiblir notre président par ton discours... mais tu avoueras que mille feuilles administratif il y a et c'est devenu un luxe pour les finances de la France et celles des français de continuer dans une telle voie! Certes les régions(grosses ou petites) font vivre de 50 à 100 élus et ,en moyenne de 250 à 1000 fonctionnaires souvent du même parti que leurs présidents mais que dire des trop nombreux départements!... C'est vrai que beaucoup de conseillers généraux ne veulent pas q'on scie la branche sur laquelle ils sont assis, certains depuis fort longtemps ( je ne donne pas de nom). Je ne suis pas non plus un socialiste "godillot", loin s'en faut mais quand je vois se développer une race d'hommes et de femmes politiques professionnels, souvent cumulards, et qui ne prennent leur décision auprès de leurs attachés souvent des attachés compétents mais sous payés, taillables et corvéables à merci j'enrage. J'ai joué ce rôle à mes débuts dans la fonction publique, en plus de mon travail de directeur J.S., auprès d'un sous ministre sympa mais quelle galère!..
Bien à toi.
G. Wolff.

Wolff 19/06/2014 16:42

Tes raisons me paraissent ici sensés ça c'est sur ( à prononcer rapidement comme pour les chaussettes de l’archiduchesse...).
Je ne suis pas sur qu'il faille conserver des conseils généraux dans certaine régions et pas dans d'autres. Dans le devise républicaine au frontons des mairies, à l'exception de Castellejaloux où l'histoire de la révolution l'a situe à celui d'une église...
Peut - être faudrait- il un référendum populaire et ne pas entendre les voies de ceux qui ne veulent pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Bien amicalement à toi.
Gérard.

Fabien RUET 18/06/2014 17:05

Cher Gérard,

Je pense que la réforme territoriale est indispensable mais certainement pas suivant la méthode retenue et encore moins en supprimant les Départements.

Sans doute la consultation du peuple est indispensable pour la valider car je rappelle que les orientations retenues par ce nouveau gouvernement ne sont pas conformes aux orientations du programme voté en 2012.

Je ne suis pas un militant godillot et j'ai aussi ma liberté d'expression.
Je suis en plus conforme au discours de Tulle de François Hollande de janvier 2014 pour ses vœux aux corréziens : oui à une réforme territoriale et oui au maintien des Départements sur les territoires ruraux.
Les Départements doivent évoluer et s'y préparent activement. La réduction à une soixantaine est dans doute une bonne solution. L'inscription dans une dynamique de projet territorial aussi. Mais de grâce maintenons son impartialité dans le traitement du suivi social, pour éviter le clientélisme électoral qui pourrait vite transformer des intercommunalités en république bananière. Maintenons ce rapport de confiance et de proximité sur l'ensemble des territoires ruraux, grâce à l'égalité de traitement apportée par le Département. Et oui maintenons cette spécificité républicaine du Département, elle qui a su imposer l'idée même de République auprès de la population sous la 3ème du nom.

Je ne vois donc pas pourquoi je devrai accepter de revirement en quatre mois. Je ne suis pas certain que la grève des électeurs de gauche aux municipales justifiait comme réponse la politique sociale libérale engagée par le nouveau gouvernement. Je ne suis pas certain que la grève des électeurs de gauche aux élections européennes appelait la suppression pure et simple du Département et la création de régions totalement coupées des réalités de vie des Français.

La réponse à apporter est de l'ordre du rapprochement entre politiques et citoyens, certainement pas dans une politique territoriale dictée par l'énarchie parisienne que je connais bien pour l'avoir particulièrement fréquentée. Je me souviens que sur certains bancs de grandes écoles, on m'enseignait déjà la nécessaire fin des "ringards départements" et la joie de vivre dans des grandes régions et des grandes intercommunalités. Et bien non, non et re-non, je ne suis pas d'accord.

Amitiés socialistes et républicaines,

Fabien