L'expo d'été de Benoît Schmeltz sacrifiée

Publié le par Fabien Ruet

L'expo d'été de Benoît Schmeltz sacrifiée

Qu’est ce que la continuité républicaine ? Réfléchir sur cette vaste question est indispensable en période postélectorale. Le sens des responsabilités voudrait qu’une nouvelle municipalité s’expurge assez rapidement de ses postures de campagnes électorales et nous épargne les facilités de l’aveuglement idéologique, du sectarisme et des postures partisanes. L’action publique mérite parfois de la continuité. Des engagements contractés peuvent être poursuivis par une nouvelle équipe municipale. C’est la continuité républicaine, dictée par le sens de l’intérêt général, le respect des engagements contractés et de la parole donnée, la considération des interlocuteurs de la Ville.

Au mépris du travail accompli par un jeune artiste d’origine bergeracoise, d’œuvres préparées spécialement pour sa ville d’origine et adaptées au lieu d’exposition, le nouvel ancien maire a décidé d’annuler purement et simplement cette commande publique. L’exposition n’est pas du goût de la nouvelle équipe et ce seul argument doit suffire à me faire réagir même si les vraies raisons sont beaucoup plus politiques.

 

L’art contemporain n’a plus les faveurs de la municipalité. L’heure est au retour en arrière, comme si tout ce qui avait été impulsé ces six dernières années devait disparaître. Rappelons que chaque été, la Ville de Bergerac organise une exposition artistique au presbytère Saint Jacques, place du livre de vie. Longtemps, cette manifestation avait été réservée à l’organisation de belles rétrospectives, contribuant au rayonnement de la saison culturelle estivale. Lors de notre prise de responsabilités en 2008, nous avions souhaité consacrer cette manifestation à de jeunes talents locaux en arts plastiques, dans le cadre d’une exposition gratuite. Cette dernière était une manière pour la collectivité de soutenir efficacement les artistes pour les faire connaître et leur donner des références. La préparation de l’édition 2014 impliquait de faire preuve d’un grand sens de l’anticipation. C’est l’artiste bergeracois Benoît Schmeltz qui avait été retenu afin de lui permettre d’exposer ses créations. Déjà mis en lumière par la très dynamique association Les Rives de l’Art, au sein de l’église Saint Pierre es Liens de Sainte Alvère, exposer cet artiste implique de prendre en considération son désir d’adapter son œuvre aux contraintes et à l’esprit du lieu au sein duquel il expose. Pour se conformer à l’écrin du Presbytère Saint Jacques, une telle exposition devait se préparer suffisamment en amont par un travail important de l’artiste.

 

Faisant fi de l’engagement de notre municipalité, sans aucun respect pour le travail déjà mené par Benoît Schmeltz, la nouvelle mairie a décidé que l’expo d’été, prévue en partenariat avec la Nouvelle Galerie, n’aurait pas lieu. Le nouvel ancien maire en a décidé ainsi. L’art contemporain est délibérément sacrifié.

 

Au bon plaisir. Ecoutons la nouvelle municipalité. Suivant la période, selon l’interlocuteur, les motifs de l’annulation varient. Un jour, c’est un retard dans la remise de documents administratifs. On se questionne ensuite sur les garanties quant aux financements privés qui soutiennent cette exposition. Et puis, vient la lecture de la presse quotidienne régionale. Ecoutons le monopole du bon gout : « Le travail artistique de Benoît Schmeltz est tout à fait estimable, mais il ne correspond pas aux attentes réelles du public ». La nouvelle municipalité a donc la prétention de pouvoir connaître les attentes du public. Mais de quel public parlons-nous ? L’art contemporain est destiné à surprendre, à questionner et parfois à déranger. L’action publique doit en soutenir la démocratisation de l’accès en faisant fi de ses préférences personnelles. Avons-nous décidé de sombrer dans le domaine des industries culturelles ? L’expo d’été est-elle devenue un produit de consommation pour du temps de cerveau disponible ? C’est le cœur même de ma divergence avec cette annulation. Il ne faut pas l’accepter au seul motif de l’alternance politique.

 

L’exposition d’art contemporain d’un jeune artiste bergeracois doit laisser sa place à un peintre catalan, Ramon Pujol Boira. Aussi estimable soit-il, nous ne devrions pas avoir à choisir entre les deux. Il doit y avoir de la place pour toutes les expressions artistiques. Ce n’est pas respecter les artistes que de considérer que celui qui a été retenu présente aussi le mérite de mieux correspondre aux gouts personnels et à la sensibilité du régime du nouvel ancien maire. Ces temps devraient être révolus.

 

Que la présidente de la Nouvelle Galerie soit une ancienne conseillère municipale de notre équipe importe peu finalement. Le mépris affiché pour le travail d’un jeune artiste, promis à un grand avenir, est une offense difficile à accepter parce qu’elle émane de sa propre ville. Combien de blessures infligées par la non reconnaissance des siens ? La qualité de son travail laissera sans doute plus de traces pour la postérité de notre ville que la plupart de nos actions politiques. Quant à nous, Bergeracois contraints, il nous faudra sans doute sortir de notre ville pour voir de belles expositions d’art contemporain, comme nous en avons l’habitude avec Les Rives de l’Art,… à croire que la Nouvelle Galerie devra elle aussi prendre ses quartiers d’été à la campagne.

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wolff 24/05/2014 11:15

Fabien,
Je ne trouve pas mon article d'hier...S'il est caviardé alors ça devient grave!
Gérard.

Wolff 24/05/2014 02:07

Il faudrait sans doute en rester là car le passé est le passé et il faut penser à l'avenir. Tout n'est pas rejeté par la ville: le Tour de France avec Pascal Chanteur sera un moment fort de l'été. Le nouveau maire est partie prenante de la foire expo de Bergerac avec la C.C.I . de Christophe Fauvel...Au lieu de dénigrer systématiquement il vaut mieux construire l'avenir de la cité et savoir rester humble. Si D. Rousseau a perdu les élections municipales c'est bien par la politique trop "bourgeoise et hésitante" de F. Hollande que je sache!. Et de très nombreux maires socialistes en sont sortis perdants (Toulouse pour parler de nos voisins). ..C'est le conseil que te donne un vieux "socialo" non radical mais pur et dur!
Gérard WOLFF.

benoit 19/05/2014 02:49

Merci Monsieur pour ce beaux papier, sans doute avez vous ratez cela :
http://youtu.be/5_TZ_sPQz9g

je vous laisse savourez.

jc 17/05/2014 23:04

Je lis sud ouest regulierment et le comportement ud nouvel ancien maire est pire qu avant§ heureusment que vous avez eu le temps de transformer la ville en bien§ car la pendant
ans cela va etre detricotage conflits , refus de tout, et accuser le camps d en face quand ça ne marche pas! et dire que parceque "j'ai eté élu alors je fais ce que je veux" me laisse pantois! Je maudit terra nova a Paris et la politique nationale eloignée du peuple qui a fait perdre les vrai socialistes laique§ car M Garrigue a vote contre l'interdiction de la burqa aussi! putain
ans! sans parler de la fin de la mutualisation qui va couter cher a la ville et est dramatique pour les petit village...tout cela parceque monsieur n 'est pas d'accord avec l'election democratique de monsieur Rousseau!!!!!!!!! grave!!!!!!!!!!!!!!!!!! re putain 6ans!!!!!!!!!!!! la prochaine campagnbe faut niaquer!!!!!!!!!