Changeons la politique

Publié le par Fabien Ruet

Changeons la politique

Les élections se succèdent comme les déconvenues électorales. Le Front National est à Bergerac, à l’image de notre pays, le premier parti de France. Il est temps d’avancer dans nos réflexions et de passer à une nouvelle phase si nous voulons durablement et efficacement préparer l’avenir pour les prochaines années. Nous devons rénover nos pratiques politiques. Il n’est plus possible de considérer le rapport au peuple que sous le seul prisme des campagnes électorales. Un profond renouvellement politique s’impose, fondé sur l’écoute, la concertation, l’échange et l’association étroite de la population à l’action publique.

Les partis politiques traditionnels sont en crise, voir discrédités. Le désaveu du Parti Socialiste aux élections européennes reste cinglant après le désastre des élections municipales. Nous sommes collectivement responsables d’avoir, congrès après congrès, été incapables d’assumer une clarification idéologique indispensable afin d’être audible auprès des citoyens. Nous sommes collectivement responsables de ne pas avoir fait évoluer nos pratiques pour mériter l’attention de la majorité de la population. Il est sans doute vain d’attendre une réaction nationale susceptible d’engager la profonde réforme qui s’impose. C’est localement que nous devons assumer nos responsabilités et impulser les réactions qui s’imposent. L’écoute des citoyens, dont je vous parle, suppose d’entendre leurs aprioris, leurs attentes et leurs mécontentements. C’est cette première étape d’association à une démarche collective de projet qui peut changer  durablement nos pratiques politiques. 

 

Refusons les postures. Il est temps d’agir localement. La politique ne peut pas être une question de « guerre ». Elle doit être, au contraire, le fondement d’un vivre ensemble harmonieux pour Bergerac. Nous devons nous rassembler pour répondre plus efficacement à la crise qui touche si durement un trop grand nombre de nos concitoyens. Nous devons nous parler, nous écouter et nous comprendre pour faire naître l’espoir indispensable à toute démarche de progrès. Il y a urgence à agir après nos défaites successives : avec humilité et détermination. La participation électorale n’a jamais été aussi faible. Rappelons que le nouvel ancien maire n’a été élu qu’à la majorité relative. Les Bergeracois sont divisés et  nous sommes confrontés à une crise profonde de la politique. Tout n’est pas perdu. La solution est à rechercher en nous-mêmes. Pour étayer mon propos, je souhaitais partager les résultats d’une enquête d’opinion de la société d’études et de conseil VIAVOICE, intitulée : L’observatoire de la démocratie en France, Solutions pour la démocratie de demain, publiée en avril 2014. Les Français attendent d’être placés au cœur du jeu politique, même si naturellement les efforts pour y parvenir sont considérables. Je ne peux pas croire que les Bergeracois fassent exception. En politique, je ne connais que l’effort difficilement accessible de l’ascèse et la valeur du travail de fond. Je refuse le renoncement ou la facilité de la fatalité, la lâcheté de l’attente de jours meilleurs. L’échelon local est incontournable pour se lancer dans une vraie aventure de démocratie participative. C’est une des conditions, à gauche, pour retrouver le droit à prétendre à rassembler tous les bergeracois.

 

Rénovons nos pratiques politiques. Pour y parvenir, l’une des premières manières est d’obliger la classe politique à rendre des comptes sur son action. Le mandat électoral n’est pas un blanc-seing. Réintroduire une dose d’impérativité populaire dans la représentation politique est une manière de se prémunir de la tentation hautaine des baronnies politiques. 86 % des Français attendent que leurs dirigeants présentent systématiquement le bilan de leurs actions. 82 % voudraient même aller jusqu’à pouvoir démettre un élu qui ne tiendrait pas ses engagements. Le peuple a soif de politique mais rejette sa classe politique. C’est ce paradoxe qu’il faut résoudre pour ne pas tomber dans le piège de la fatalité du vote d’extrême droite et de son « tous pourris ». C’est le prix à payer pour changer nos pratiques politiques. 80 % des Français aspirent à un renouvellement du personnel politique, 84 % souhaitent le mandat unique et 75 % sont favorables à la limitation à deux mêmes mandats successifs. Les attentes sont claires. Encore faut-il en tenir compte.

 

Osons la vraie démocratie participative. Un travail important d’écoute doit être mené au préalable  auprès des habitants pour comprendre les raisons de leur défiance. Après l’échec des municipales et le désaveu des  élections européennes, ce travail d’humilité est indispensable afin de ne pas s’abriter derrière des faux-semblants ou des arrières pensées politiciennes. Il faudra, par la suite, s’engager dans un profond travail d’éducation populaire pour faire comprendre les enjeux politiques et la nécessité de participer à l’action publique.  Nous devrons engager des débats comme par exemple, localement, sur la nécessité de permettre le passage en régie des cantines scolaires alors que le nouvel ancien maire entend rester dans la gestion privée. C’est par cette politique des petits pas qu’il sera sans doute possible d’associer toujours plus de Bergeracois à un projet collectif ambitieux, parce que responsable et adapté aux attentes des citoyens. Mais ce sont aussi les bases durables d’un contrat de confiance que nous devons fonder pour construire tous ensemble nos victoires de demain, et poursuivre ensemble ces échanges dès lors que nous reviendrons aux responsabilités.  

 

C’est en tout cas la seule feuille de route que j’entends poursuivre dans le cadre de ma seule et modeste action de conseiller municipal d’opposition à Bergerac. Une petite goute d’eau…

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Commenter cet article

Wolff 29/05/2014 17:21

Tout à fait d'accord avec toi! Le problème c'est qu'il y a encore trop d'hommes et de femmes politiques et il y en a beaucoup en Dordogne (je ne les mettrais pas en exergue car ce serait leur faire trop d'honneur!), qui s'accrochent à leur "petits" pouvoirs et aux honneurs et flatteries dont leurs électeurs les gratifient...
Ils doivent des comptes à ceux qu'ils représentent quelque soit leurs idées politiques...
Il est temps que François Hollande donne un grand coup de ciseau dans le 1000 feuilles administratif en regroupant les régions, quitte à ce que certains anciens départements quittent un région pour une autre (par référendum populaire) puisqu'ils vont disparaître. Ces grandes régions pourront avoir des pouvoirs économiques et le social reviendra facilement aux communautés urbaines et de communes, bien ancrées auprès des populations locales.On ferait ainsi de grosses économies sur les indemnités versées à ces pro de la politique et les fonctionnaires territoriaux seront répartis, après négociation avec leurs syndicats entre régions, communes ou communautés.
C'est une des pistes tracées par notre président et je vois mal comment les élus socialistes, écolos et MRG pourrait être opposés!
" Les cimetières sont pleins d'hommes qui se croyaient indispensables"
G. Wolff, socialiste de Lalinde.

bournet monique 27/05/2014 21:49

qui a ete grande et maintenant petite comme vous dites nous voulons plus etre pris en otage il fallait respecter quand on ai des votants

Wolff 26/05/2014 17:22

Tout à fait d'accord avec toi pour les comptes que les élus doivent rendre à leurs électeurs et la démocratie participative!... Il faut aussi en finir avec les situations de rente de certains élus, c'est pour cela qu'il faut que notre président accélère les reformes de fond! Faire se marier les régions entre elles et les investir de pouvoirs économiques, supprimer les départements, les "Pays de ceci ou de cela et donner des pouvoirs sociaux aux communautés urbaines et de communes qui sont les plus proches des besoins de la population ( recherche d'emploi, allocations diverses, médecine sociale....).
Voir à ce sujet mon billet d'humeur sur les européennes sur le blog de la section P.S. de Lalinde.
G. WOLFF