Dynamiser le commerce de centre-ville à Bergerac

Publié le par Fabien Ruet

Dynamiser le commerce de centre-ville à Bergerac

 

Je n’ai jamais voulu ce blog-notes comme un outil de promotion personnelle. Mes détracteurs y verront un signe de fausse modestie, prémisse d'un orgueil à peine refoulé. La meilleure réponse est, sans doute, à rechercher auprès de vous, fidèles lecteurs de ces chroniques. Nous avons, ces dernières années et ces derniers mois, su tisser une relation d’échange autour de réflexions mises en partage. L’action publique, aussi modeste soit-elle, doit toujours s’accompagner d’un effort d’explication et d'écoute. Les anglo-saxons parlent d « accountability ». J’aime beaucoup ce concept qui renvoie à l’idée de rendre des comptes sur ses responsabilités, dans un esprit de transparence mais également de traçabilité de l’action publique. Dans un contexte global de désenchantement du monde, de crise de confiance dans les instances politiques, il est primordial de donner du sens à l’action et de ne pas avoir peur des réactions de ses contradicteurs. La démocratie est l’expression de la différence légitime. En l’occurrence, cette longue digression (en apparence seulement) nous conduit à prolonger nos réflexions sur la dynamisation du centre historique de Bergerac, suite à vos dernières remarques consécutives à la publication de la chronique intitulée « la revanche historique des bas quartiers de Bergerac ».

 

L'état d'abandon du centre-ville en 2008. Parler de dynamisation du centre historique est déjà une première indication quant au diagnostic initial du patient. En 2008, nous avons été élus autour de l’ambition de réveiller la belle endormie. Le projet se doublait d'un constat implacable. Pendant près de 15 ans, Bergerac avait pris des retards structurels importants. Le centre-ville (qu’il soit commerçant ou historique) avait été complètement délaissé. Des indicateurs incontestables sont là pour en témoigner. Aucune opération d’aménagement urbain n’avait été menée dans le vieux Bergerac ; la municipalité de l’époque s’était contentée de vivre sur les acquis de ses prédécesseurs du tournant des années 1980. Nous n’avons pas besoin de revenir sur la gestion calamiteuse du stationnement payant et la désertion de service public pour 32 ans. Nous avons, sur un autre domaine, évoqué la question des logements défiscalisés en périphérie. Mais quelle hérésie que d’avoir encouragé l’implantation de ce type de constructions en périphérie de Bergerac. Le centre-ville s’est dépeuplé laissant plus de 400 logements vacants. Autrement dit, notre ville n’avait absolument pas été préparée à faire face aux enjeux du siècle nouveau.

 

Du plaisir à aller en centre-ville. Dans un société aussi marchande que la nôtre, au moment où les échanges commerciaux sont de plus en plus dématérialisés, le commerce sédentaire de centre-ville doit être accompagné par des politiques adaptées. C’est ce que nous nous sommes efforcés de mettre en place, tout au long de ses cinq dernières années, suite à la convocation des assises générales du Commerce. Rappelons qu'elles furent un exercice de démocratie participative sans précédent dans l’histoire de notre ville. La dynamisation commerciale du Centre-ville repose sur plusieurs facteurs. Le stationnement est une des premières composantes, mais pas seulement. De ce strict point de vue, il n’est pas possible de lutter avec les centres-commerciaux. L’idée directrice est plutôt à recherche du côté de l’achat plaisir, de la déambulation suscitée par un cadre de vie agréable. Je vais en Centre-ville parce que j’en ai envie. C’est le fil directeur de notre politique en matière d’aménagement urbain : la vie en ville, la ville envie. La rue de la Résistance est transfigurée. Les rues des Fontaines et Saint James sont des écrins.

 

Dynamique de peuplement et diversité des enseignes. La dynamisation commerciale suppose une diversité des enseignes. Le commerce de proximité, les commerces de bouche sont indispensables. Encore faut-il une dynamique de peuplement en centre-ville qui puisse économiquement soutenir cette offre commerciale. Après la saignée démographique des logements défiscalisés, nous nous battons pour repeupler le centre-ville. Des opérations immobilières ont été impulsées par Urbalys Habitat. Des rénovations de logements à Jean Moulin permettent à ce quartier de devenir le poumon humain du Centre. Des opérations immobilières en accession à la propriété voient le jour Place Gambetta et dans le quartier du Royal. Un Centre-ville peuplé et une mixité sociale équilibrée tireront le commerce par le haut, contribuant à sa diversité. L’activité commerciale du Vieux Bergerac ne peut pas exclusivement reposer sur des activités tournées vers le public touristique. Nous prendrions le risque d’une extrême saisonnalité du commerce où cette partie de la ville ne s’animerait qu’à l’arrivée des touristes. Il faut une diversité de commerces qui s’adresse à tous les bergeracois et aux habitants du quartier.

 

Les effets de ces politiques ne se mesurent pas au gré des inaugurations de nouveaux aménagements urbains. Le temps de l’action est souvent bien supérieur à celui des échéances électorales. On ne rattrape pas 15 ans perdus en quelques années. Les premiers résultats sont là, les esprits évoluent. Le pari sera gagné.

Publié dans Urbanisme, Bergerac

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WOLFF 08/02/2014 01:36

Tu as sans doute raison mais où se garer pour moi, par exemple qui suit quelque peu handicapé? On se heurtera toujours aux problèmes de parcages des véhicules, tant pour les plus de 60 ans que pour ceux qui viennent de la périphérie de Bergerac! Et, crois moi ça fait du monde!... Il faut savoir rester modeste dans ce domaine car de poses de 1° pierres en inaugurations elle n'ont guère manquées à Bergerac ces 6 dernières années... Qu'on le veuille ou non, tant qu'on ne pourra pas se garer correctement et suffisamment, Bergerac sera handicapée! Le règne de l'automobile est loin d'être fini (on fait des petites voitures nettement moins polluantes qu'avant alors que les véhicules électriques sont hors de prix, consomment de l'énergie... nucléaire?)...Parler de transports doux, de transports modulaires? Cela me fait penser un peu aux nombreux énarques que j'ai rencontré dans ma carrière professionnelle (préfets . directeurs d'administrations, membres de cabinets ministériels...).
G Wolff socialiste lindois mais non social démocrate.